mercredi 18 octobre 2017

Québec en novembre

Québec en novembre


quebecennovembre_600



C'est la sixième année que Karine et Yueyin organisent "Québec en novembre" , j'ai participé l'an dernier , j'ai apprécié et je vais retenter le challenge cette année.

Objectif : faire des découvertes de littératures québécoises.

Je laisse une des organisatrices , Karine du blog "Mon coin lecture" vous en parler.  Avec l'aide de Yueyin "Chroniques de lecture" elle nous propose ce joli rendez-vous.







Il suffit de nous parler d’un livre québécois ou d’un élément de la culture québécoise pendant le mois de novembre. Sur votre blog, sur votre chaîne YouTube, sur le groupe facebook.. bref, n’importe où, pourvu que vous en parliez! C’est qu’il y a vraiment du bon et de l’original dans la littérature de chez nous!



Sur Twitter et Insta, vous pouvez utiliser le mot-clic #QuébecEnNovembre et vous pouvez toujours nous rejoindre sur le Groupe Facebook. On a prévu une lecture commune de Réjean Ducharme, disparu depuis peu… mais tout ça reste à peaufiner.  (toute l'actu est sur la page FB) A vous de proposer des LC et  des lectures thématiques.

Du coup, si vous avez récemment eu des coups de coeur en littérature québécoise, partagez, donnez-nous envie!

Besoin d’idées? De fournisseurs? Sur leslibraires.ca, vous trouverez pas mal de choses en papier et en numérique. Il y a aussi la Librairie du Québec à Paris et la librairie Tulitu en Belgique qui peuvent vous servir de pushers de livres!

Pour les idées, regardez en haut… il y a ma section « littérature québécoise » et les récaps des autres années pour Québec en novembre. J’ai aussi fait quelques vidéos avec mes favoris… bref, il y a de quoi faire!

J'ai encore du stock à la maison et quelques idées de lectures à partager avec vous.  J'espère vous y retrouver nombreux et nombreuses.

En route pour de belles découvertes.  Merci  à Karine et à Yueyin .





mardi 17 octobre 2017

Bakhita - Véronique Olmi ♥♥♥♥♥

Bakhita       Véronique Olmi

Résultat de recherche d'images pour "bakhita"



Albin Michel
Parution : 23/08/2017
464 pages
EAN13 : 9782226393227
Prix : 22.90 €

Présentation de l'éditeur

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.


Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.
Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

Résultat de recherche d'images pour "bakhita"

Véronique Olmi nous en parle




Mon avis

Véronique Olmi nous conte l'histoire bouleversante de Bakhita.  Une femme au destin incroyable.

Née en 1869, elle a 7 ans lorsqu'elle est razziée dans son village natal du Soudan.  Elle est enlevée par des négriers musulmans.  Elle devra endurer l'insupportable, trouvera une énergie et une force pour vivre incroyables.  Imaginez, mais c'est presque inimaginable, des conditions de vie innommables, l'isolement, la crasse, la peur, la douleur, les longues marches attachée aux fers.  Garder l'espoir grâce à Binah, sa compagne de misère avec qui elle sera vendue.  L'espoir par la fuite, l'espoir de retrouver sa soeur Kishmet vendue bien avant elle...

Les coups, la souffrance..  L'arrivée au harem.  Elle a moins de douze ans, sort à peine de l'enfance et a déjà tout enduré : torture, scarification, abus et violence, elle a vu des soeurs mourir, périr de souffrances abominables.

Vendue pour la cinquième fois à un consul italien, cette rencontre décisive va changer sa vie et la mener en Italie.

Bakhita c'est le don pour l'autre, elle a une compassion sans faille, elle rencontrera Stefano qui veut l'adopter, lui donner une éducation.  Elle ira étudier chez les soeurs Cannassiennes de Venise, elle y rencontrera la foi, "l'illumination".

Celle que l'on nommera "La Moretta" accepte son sort, elle donnera sa vie à Dieu et aux autres.  Tour à tour esclave, captive, domestique, religieuse et sainte.

Un destin hors du commun qui nous parle de l'esclavage, de la société, de l'Histoire majuscule avant l'avènement du fascisme, du Duce, des guerres mondiales.

Une plume magnifique, un récit qui se partage en deux parties : Le Soudan, l'enfance et les horreurs subies par la fillette dans le monde de l'esclavagisme et son parcours vers la foi, sa vie de religieuse, dévouée toujours aux autres jusqu'à sa sainteté.

L'écriture est poétique même si la noirceur, la violence de la première partie est parfois insoutenable.  La narration est magnifique, une plume très visuelle dégageant énormément d'humanité.  Un récit lumineux.  C'est sans conteste mon troisième gros coup de coeur de cette rentrée.

Coup de coeur ♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

Pour qu'une histoire soit merveilleuse, il faut que le début soit terrible, bien sûr, mais que le malheur reste acceptable et que personne n'en sorte sali, ni celle qui raconte, ni ceux qui écoutent.

Il y aura toujours en elle deux personnes : une à la merci de la violence des hommes, et l'autre, étrangement préservée, qui refusera ce sort.  La vie mérite autre chose.  Elle le sait.

Elle ne comprend pas la phrase, elle comprend le sentiment.  Et c'est comme ça que dorénavant elle avancera dans la vie.  Reliée aux autres par l'intuition, ce qui émane d'eux elle le sentira par la voix, le pas, le regard, un geste parfois.

C'était un mystère et un espoir, c'était surtout une envie de vivre encore, l'interstice par lequel passe la dernière force humaine, avec la certitude fulgurante et violente de ne pas être totalement seule.

Pourtant, traitées comme des bêtes, maltraitées par les bêtes, enfermées, piétinées, attachées, leur personnalité, leurs rêves, et même une partie de leur innocence, ce qu'ils sont, demeurent.

La vie était un carnaval aux masques trompeurs, à la joie factice, une fête susceptible de si vite s'interrompre.

C'était un monde clos, peuplé de maîtresses et d'esclaves, toutes vivaient ensemble et toutes étaient captives.

Être nue à Olgossa était aussi naturel que l'herbe dans le vent, être vêtue d'un simple pagne dans la maison du maître est une honte permanente.

Bakhita comprend qu'on peut tout perdre, sa langue, son village, sa liberté. Mais  pas ce que l'on s'est donné.  On ne perd pas sa mère.  Jamais. C'est un amour aussi fort que la beauté du monde, c'est la beauté du monde.  Elle porte la main à son coeur, et elle pleure, des larmes de consolation. Elle a si peur de la perdre.


Mais elle ne sait pas écrire.  Et tous autour d'elle parlent des langues nouvelles, les mots sont comme les pays sur la carte, changeants et lointains, elle ne peut les relier à aucun des sentiments qui l'habitent, et elle s'isole dans cette incertitude.

L'esclavage ne s'efface pas.  Ce n'est pas une expérience.  Ça n'appartient pas au passé.  Mais si elle a le droit d'être aimée, alors ce jour qui vient est sa récompense.  Elle a marché jusqu'à ce jour.  Elle a marché des années.  Marché jusqu'à el Paron.  Pour ne plus jamais obéir à d'autres ordres, ne plus jamais se prosterner devant d'autres maîtres.

Elle a la force maintenant pour aimer les autres. Maintenant que sa vie est dans des mains plus hautes.

Elle voudrait leur dire comme la vie est rapide, ce n'est qu'une flèche, brûlante et fine, la vie est un seul rassemblement, furieux et miraculeux, on vit on aime et on perd ceux que l'on aime, alors on aime à nouveau et c'est toujours la même personne que l'on cherche à travers toutes les autres.


C'est ma LC avec Julie qui tout comme moi a beaucoup aimé ce récit,  son billet est ici



dimanche 15 octobre 2017

La serpe - Philippe Jaenada



La serpe  -   Philippe Jaeneda

couverture



Julliard Editions
Parution : : 17 Août 2017
Nombre de pages : 648
Prix : 23,00 €
ISBN : 2-260-02939-6


Présentation de l'éditeur


Un matin d'octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n'est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l'unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l'arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d'un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l'enquête abandonnée. Alors que l'opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s'exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.
Jamais le mystère du triple assassinat du château d'Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d'Henri Girard, jusqu'à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu'à ce qu'un écrivain têtu et minutieux s'en mêle...
Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu'Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l'inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu'il n'y paraît), il s'est plongé dans les archives, a reconstitué l'enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l'issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.


L'auteur nous en parle




Mon avis

C'est pas faute d'avoir essayé, je viens de refaire une tentative et je bloque à l'écriture. 

Trop de digressions à mon goût, j'aime beaucoup l'humour de l'auteur et c'est ce qui m'a fait tenir jusqu'à la page 160. Le problème c'est que je me demande où se trouve l'histoire... noyée par trop de détails qui n'ont rien à voir avec elle.

J'étais motivée, j'avais envie de découvrir la plume de Philipe Jaenada, envie de le rencontrer à LLN la semaine prochaine... 

Peut-être aurais-je dû commencer par "La petite femelle" dont j'ai entendu tant de bien.   Peut-être avais-je trop d'attentes ?   La magie ne prend pas avec moi  et  il y a tellement de choses à lire que je n'ai pas envie de me forcer. Suis restée un quart d'heure sur deux pages, n'arrivant pas à me concentrer.... La lecture doit rester un plaisir, je jette le gant.


Grosse déception. Un premier gros flop cette année.


Et vous qu'en avez-vous pensé ?  


samedi 14 octobre 2017

La ballade de l'enfant gris - Baptiste Beaulieu

La ballade de l'enfant gris      Baptiste Beaulieu


 La ballade de l'enfant-gris

Mazarine Editions
Parution : 28/09/2016
EAN : 9782863744444
EAN numérique: 9782863745335
Pages : 416
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

C’est l’histoire de Jo’, jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C’est l’histoire de No’, un petit garçon de sept ans attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas plus souvent le voir à l’hôpital.
C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin, dans la chambre de l’enfant, survient un drame qui lie à jamais le destin de ces trois êtres.
Jo’ devra tout quitter pour partir sur les traces de Maria et percer ses mystères.

Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur livre une quête initiatique et poétique, semée de recoins obscurs qui s’illuminent. Un magnifique troisième roman, porté par des personnages profondément humains.

« Docteur et conteur […], Baptiste Beaulieu sait raconter des histoires, faire rire et pleurer, conjuguant la trivialité et le merveilleux, la farce et le lyrisme. »
Astrid de Larminat, Le Figaro littéraire


Médecin généraliste de trente ans, Baptiste Beaulieu est l’auteur d’un premier livre best-seller, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (Fayard 2013 ; Livre de poche 2015), qui a reçu le prix France Culture « Lire dans le Noir » et a été traduit en quatorze langues. Son roman Alors vous ne serez plus jamais triste (Fayard 2015 ; Livre de poche 2016) a reçu le Prix Méditerranée des lycéens 2016. Son blog Alors Voilà, pour réconcilier soignants et soignés, compte plus de six millions de visiteurs.

Mon avis

Un livre qui a beaucoup fait parlé de lui.  Il attendait depuis l'an dernier que ma binôme Julie me le propose en lecture commune.  Quelques jours après la lecture , mes sentiments sont partagés.

Un livre qui nous parle d'un sujet difficile.

Jo est jeune interne. Il rencontre dans le service pédiatrie un petit garçon de sept ans à la peau couleur ardoise.  No (Noah) souffre d'une maladie du sang incurable et sa fin est inéluctable.

No est seul, sa mère le visite très peu, une fois par semaine maximum et tout le monde s'en insurge dans le service.  Jo va s'attacher à l'enfant. Très vite arrive "La déchirure" et No continuera à hanter notre jeune interne.  Il l'accompagnera partout, toujours.  Impossible pour lui de s'en faire quitte, de l'oublier.  Pour y arriver il partira faire un long voyage à la recherche de Maria, la mère.  Il doit à tout prix la retrouver pour lui "rendre" No, pour comprendre.

La construction du récit m'a un peu déstabilisée.  Il y a d'une part un compte à rebours avant "la déchirure" qui alterne avec l'après.

C'est un peu un conte fantastique de par son univers.  Un monde onirique (trop à mon goût) que nous propose Baptiste Beaulieu.  Un monde qui se terminera chambre 33 pour NO, c'est là où le voyage s'achève.  C'est pour Jo un monde ou le ou les mensonge(s) sont présents pour adoucir la triste réalité, les manques de présence, d'amour.  Des mensonges pour apprivoiser la peur, la mort, la déchirure.

Des personnages fantasques, hauts en couleur ; l'infirmière en chef Crinchom à qui Jo et No font des blagues de potache , les deux vieilles italiennes de la pension Lili..  Un univers que j'ai moyennement apprécié mais qui apporte de la légèreté et de l'humour à ce sujet difficile.

Des thèmes comme la difficulté de mettre une distance entre le malade et le médecin, l'amour dans tous les sens du terme (amour au sein du couple, amour maternel, sens profond du verbe aimer)  mais aussi la pression que met la société au rôle de mère et à son instinct maternel, l'acceptation du rôle de mère.

Un voyage initiatique au coeur des émotions, de Paris à Jérusalem en passant par Rome.  Il y a beaucoup de poésie, de sensibilité et d' humanité dans la plume de Baptiste Beaulieu.

Ma note : un peu sévère 8/10

Et voici l'avis de ma binôme Julie que vous retrouvez aussi sur son blog "Les petites lectures de Scarlett"  c'est ici

Les jolies phrases

Le cerveau est comme le coeur : globalement, ce sont des organes capricieux.  Ils fonctionnent 24 heures sur 24, 365 jours sur 365 et pourtant, ils t'abandonnent à l'instant même où tu tombes amoureux.

...la télévision c'est mâcher du chewing-gum avec les yeux.

C'est peut-être ça, la différence entre le bien et le mal.  La vraie beauté de l'être humain : avoir le courage de fixer dans les yeux le monstre tapi au grenier de son palais intérieur.  Le brider sans le flatter, l'accepter sans le nourrir.

Y a des êtres, ils sont miraculeux.  Une caresse.  Un mot. Un sourire.  Et c'est toute votre existence qui devient meilleure.

Pour s'aimer, il faut semer, et Maria avait toujours été d'une patience de jardinier avec nous.

Le bonheur consiste-t-il à aimer les choses comme elles arrivent ?

La vérité, on a toujours le temps de la dire.  Elle ne presse jamais.  Le mensonge, lui est impératif, il bouscule.  Il est urgent.

Une demi-vérité, même légèrement fardée, légèrement amputée d'elle-même, est déjà un mensonge tout entier.  A trop user de la fable, la fable est devenue naturelle, et de naturelle, elle est devenue réelle : il n'a presque plus d'inquiétude pour l'enfant.

La souffrance est un bouton de rose immature, un mot posé sur l'expérience avant qu'elle devienne mûre.



C'est ma LC avec Julie des petites lectures de Scarlett voici son avis



mercredi 11 octobre 2017

Une fille, au bois dormant - Anne-Sophie Monglon

Une fille, au bois dormant          

Anne-Sophie Monglon



Mercure de France
La Bleue
Parution : 31/08/2017
Pages : 192
ISBN : 978-2-7152-4529-7
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur


Ton sommeil c’est d’abord ça, la tentation d’être ailleurs, l’obsession par moments, à d’autres la dispersion, l’engagement comme un mot abstrait, le voyage dans le passé, le futur, le vague, le refuge dans la forêt.

Lorsque Bérénice Barbaret Duchamp, 33 ans, cadre dans une grande entreprise de communication, rentre de congé maternité, elle sent qu’on la regarde différemment. En son absence, des changements notables ont eu lieu. Progressivement elle est mise à l’écart.

Bérénice, qui n’a jamais cherché à être en première ligne ou dans la lumière, aurait tendance à accepter la situation, comme anesthésiée. Mais son mari et son amie Clara la secouent : elle doit se battre ! À la faveur d’un stage de développement personnel – « placer sa voix pour trouver sa voie » –, elle se lie d’amitié avec Guillaume, le formateur musicien. Chez le jeune homme, elle décèle un possible alter ego. Cette rencontre, conjuguée avec les sollicitations toujours plus urgentes de son nourrisson, lui donnera peut-être la volonté de se réveiller.

Avec ce premier roman, Anne-Sophie Monglon peint la trajectoire d’une femme moderne confrontée à la violence du monde du travail, qui tente de se réapproprier sa propre vie et de lui donner un sens.

Mon avis

C'est un premier roman pour Anne-Sophie Monglon.  Il nous parle de la cruauté du monde du travail.  

Bérénice Barbaret Duchamp a 33 ans, elle vient d'être maman d'un petit Pierre.

Le retour au travail sera difficile car peu à peu on va lui retirer des tâches, la mettre sur une voie de garage...

Bérénice n'a jamais eu  tendance à s'imposer, c'est même plutôt l'inverse, elle s'efface et est souvent "transparente" .

Son amie Clara des RH lui conseille de partager un peu plus, de sortir de sa bulle, de cette inertie et de s'affirmer, d'être plus présente sur les réseaux sociaux par exemple...

Sur cette impulsion, elle s'inscrit sur Facebook mais aussi à une formation  qui rien que par son nom est tout un programme "Placer sa voix pour trouver sa voie"

C'est Guillaume le formateur.  Un jeune musicien dont elle se rapprochera peu à peu, elle l'aidera à mettre en place la promo de son futur album.

Petit à petit elle va sortir de sa coquille, faire le bilan de sa vie, de son couple, de sa carrière et reprendre les rennes de sa vie.  Cette prise de conscience se fera petit à petit en parallèle du carnet d'éveil de son petit Pierre, une idée originale.  Ce récit est écrit à la seconde personne du singulier comme pour nous mettre au centre du récit.

L'auteur aborde le monde impitoyable du travail, la pression sociale, le burn-out, la place de la femme dans l'entreprise.  Petit à petit Bérénice fera le bilan de sa vie, de sa léthargie pour "naître" à nouveau et se reprendre en main.

Ma note :  un peu sévère mais j'ai eu du mal à entrer dans la lecture : 6/10

Les jolies phrases

Dans le boulot, aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, le soi est une marque - elle déclame pour bien marquer qu'elle n'y croit qu'à moitié, Personal Branding.

Le monde du travail est un petit théâtre, te répète Clara pour la troisième fois en une semaine.  Il te faut un rôle et une histoire à raconter avec. 

Tu vis un nouvel éveil, parallèle à celui de ton enfant.

Les gens qui ne savent pas ce qu'ils pensent, veulent, finissent par être dangereux.

Elle aurait dû rester dans le cadre, mais s'accorder des sas, hors du cadre on ne survit pas, hors du cadre on tombe dans le désert, te dit-il en hochant plusieurs fois la tête sur lui-même.

Et puis, la vie est ailleurs que dans ta vie, dans le passé souvent, dans ces espaces vagues, diffus où mentalement tu te replies.

Et en le quittant, tu emportes un peu de sa liberté; sa liberté, une proposition de vie propre, le moment où la parole décolle, où le chant monte; cette liberté, c'est à elle que, semaine après semaine, tu es allée te frotter, c'est elle dont tu as voulu t'imprégner pour la faire tienne.

Ce conte qui semble dire dans toutes ses versions qu' à qui a de la chance, le bien vient même en dormant.