mardi 21 mars 2017

La balade littéraire de Nuits d'encre

Les nuits d'encre 

La balade littéraire du 19 mars 2017



Dimanche 19 mars 10h30, gare de Nivelles.  Nous sommes une bonne trentaine de passionnés de littérature à embarquer dans un autobus qui deviendra pour la journée un salon littéraire hors du commun.


Nous allons passer la journée en compagnie de trois poètes et de Fidéline Dujeu - (j'avais adoré "Des barreaux aux fenêtres" paru en 2014 voir mon billet) - qui animera un atelier d'écriture un peu particulier.

En effet, durant le voyage, nous allons jouer avec la langue et l'écriture de nos trois invités : Alexis Alvarez Barbosa, Vincent Tholomé et Antoine Wauters.

Première escale à Jurbise dans l'atelier d'un sculpteur, celui d'Alexandre Callet.

Il partage son activité entre la création d'oeuvres originales, la restauration de monuments historiques et l'enseignement.  Je vous invite à visiter son blog, c'est ici

Le thème de Nuits d'encre étant "Cairns", il y en avait 3 pour nous accueillir.






C'est dans son atelier que nous allons écouter le premier poète

Vincent Tholomé


Vincent Tholomé est un auteur-performeur. il est chroniqueur chez "Le carnet et les instants".

Mêlant la poésie et la fiction, l'oralité et l'écriture.

Ses textes se basent sur l'oralité. Ces textes sont écrits pour être lus.

Il dit ses textes en public, c'est ce qui leur donne un sens, une musicalité, un rythme, une cadence, une fluidité.

Lorsqu'il écrit, il entend une musique en tête, et c'est en disant ses textes qu'ils prennent corps.







Publications

Tout le monde est quelqu’un (Rodrigol, 2007).
The John Cage Experiences (Le Clou dans le Fer, 2007) : 8 solos,duos, trios avec choses… Prix triennal de poésie 2011 de la Communauté Wallonie-Bruxelles.
Kirkjubaejarklaustur (Le Clou dans le Fer, 2009)… Son adaptation en fiction radio par Sebastian Dicenaire a reçu une Mention Spéciale du Jury au Festival audio-visuel Europa 2011 de Berlin…
réédition en 2016 chez Espace Nord
La Pologne et autres récits de l’est (Le Quartanier, 2010).
Histoire secrète des prairies du nord-est asiatique (Publie.net, 2010).
Cavalcade (Rodrigol, Le Clou dans le Fer, 2012)… Son projet d’adaptation en ciné-poème a été Lauréat poésie 2013 de la Fondation SPES.
Vuaz (Maelström, 2013).


Il est temps de se sustenter, direction Rebecq où se trouvait jusqu'il y a très peu le musée du porphyre.

Le porphyre est une pierre d'origine volcanique. C'est une roche très dure qui servait notamment à confectionner les pavés routiers belges. Les carrières de Quenast, qui extraient du porphyre depuis le XVIIIème siècle, forment la plus grande carrière à ciel ouvert d'Europe.

Une petite balade digestive dans le BOIS-DES-ROCS, à la sortie du hameau de Fauquez.  On y trouve des rochers aux formes étranges, et la table des sorcières.  Une énigmatique mégalithe posée au bord de la rivière.  Endroit où viennent se ressourcer druides et sorcières....

C'est là que nous écouterons notre second poète : 

Alexis ALVAREZ BARBOSA

Né en 1980, Alexis Alvarez Barbosa a étudié les lettres hispaniques à Louvain-La-Neuve et Madrid. Il participe à divers projets musicaux, dont Fastlane Candies. Exercices de chute est son premier livre paru en février 2014.




Petits textes coups de poing, ils lorgnent résolument du côté des avant-gardes, de la littérature américaine (du Nord et du Sud), et de l’écriture désabusée du rock. Ils nous réjouissent, surtout, par leur humour et ce cynisime pince‑sans‑rire, froid, implacable, présent, à chaque page.


« La plupart des morts interrogés préfèrent la mort. »
Détournements du sens des mots et des slogans, détournements de toutes ces choses qu’on lit au quotidien dans les magazines ou sur les affiches, les « Exercices » d’Alexis Alvarez Barbosa veulent mettre à nu les multiples mécanismes par lesquels le langage peut être rendu inefficace à représenter, inefficace comme véhicule de vérité, inefficace comme lieu d’affirmation d’un ego. Ils sont friands d’apories, de tautologies, de tout ce qui nous fait chuter, tout ce qui devrait nous faire prendre conscience de la nécessaire humilité avec laquelle il nous faut considérer notre propre « pensée ».


Il est temps de regagner le bus et la bibliothèque centrale de Nivelles car un concert hors du commun nous y attend.


Collectif Lithos













Ce sont des passionnés qui vont faire chanter la pierre.  Une expérience particulière.  Certains instruments possèdent une véritable gamme. Etonnant.

Je vous invite à faire un petit tout sur leur blog , un extrait musical ci-dessous


Vous pourrez les entendre en concert à la Ferme du Douaire ce dimanche 26/03 à 17h.

La journée n'est pas terminée, je vous avais parlé de trois poètes, voici :

Antoine Wauters

C'est lui qui avec Anne Herbauts a mis en musique la programmation de cette édition.  Il est au micro de Nicole Debarre


Antoine Wauters (1981) est philosophe de formation. Il travaille comme scénariste pour le cinéma et dans le domaine de l’édition. Il a publié trois livres aux éditions Cheyne, notamment Césarine de nuit, qui a fait l'objet de plusieurs lectures au théâtre par la comédienne Isabelle Nanty. Nos mères, son livre le plus récent, paraît en janvier 2014 aux éditions Verdier. 

SES LIVRES 

Nos mères (roman), éditions Verdier, Paris, janvier 2014.
Sylvia (récit), Cheyne éditeur, collection Grands fonds, mars 2014.
Césarine de nuit (récit), Cheyne éditeur, collection Grands fonds, mars 2012.
Ali si on veut (avec Ben Arès), Cheyne éditeur, collection verte, 2010.
Antioxydant (avec Tom Nisse), éditions Maelström, Bruxelles, avril 2012.
Debout sur la langue : éditions Maelström, Bruxelles, 2008.
Os : éditions Tétras Lyre, Liège, 2008.

OUVRAGES COLLECTIFS

Tonton, Les Etats Provisoires du poème XIII, Un vent des Caraïbes, hommage à Aimé Césaire, Cheyne éditeur, 2013
Poésie pour Cy Twombly : à l'occasion de l'exposition Cy Twombly à Bozar Bruxelles, février 2012. Avec des textes de Stéphane Lambert, Roland Jooris, Alfred Schaffer, Monika Rinck et Bernard Dewulf.
Trois poètes belges : éditions du Murmure, Dijon, 2010. (Avec Serge Delaive et Véronique Janzyk)


SOURCE BLOG DE L'auteur son blog



Voilà qui terminait cette balade dominicale. 

Le programme des Nuits d'encre n'est pas terminé, de belles activités sont encore proposées jusqu'à la fin de ce mois. 

Le programme complet se trouve ici

samedi 18 mars 2017

Kabukicho - Dominique Sylvain

KABUKICHO

Dominique SYLVAIN

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Viviane Hamy
Parution : 06/10/2016
Collection Chemins Nocturnes
ISBN : 9782878583212
Pages : 286 p.
Prix : 19€


Présentation de l'éditeur

À la nuit tombée, Kabukicho, sous les néons, devient le quartier le plus sulfureux de la capitale nipponne. Au cœur de ce théâtre, les faux-semblants sont rois, et l’art de séduire se paye à coup de gros billets et de coupes de champagne. Deux personnalités dominent la scène : le très élégant Yudai, dont les clientes goûtent la distinction et l’oreille attentive, et Kate Sanders, l’Anglaise fascinante, la plus recherchée des hôtesses du Club Gaïa, l’un des derniers lieux où les fidèles apprécient plus le charme et l’exquise compagnie féminine que les plaisirs charnels.

Pourtant, sans prévenir, la jeune femme disparaît. Le piège de Kabukicho s’est-il refermé ? À Londres, son père reçoit sur son téléphone portable une photo oùelle apparaît, les yeux clos, suivie de ce message : « Elle dort ici. » Bouleversé, mais déterminé à retrouver sa fille, Sanders prend le premier avion pour Tokyo, où Marie, colocataire et amie de Kate, l’aidera dans sa recherche. Yamada, l’imperturbable capitaine de police du quartier de Shinjuku, mènera quant à lui l’enquête officielle.

Entre mensonges et pseudo-vérités, il sera difficile de démêler les fils d’une manipulation démoniaque ; pour le plus grand plaisir du lecteur.

Mon avis

Kabukicho c'est le nom d'un quartier de Tokyo. Le quartier chaud; celui des plaisirs, tout est possible, le sexe en public, les soapland mais aussi , contraste du Japon oblige, les bars à hôtes ou à hôtesses.
Contrairement à notre société, ce sont des bars où les hôte(sse)s écoutent les clients parler, "massent" l'égo, l'âme.   On écoute et ne franchit pas la barrière du sexe.

Kate Sanders est anglaise, elle a choisi ce métier tout comme sa co-locataire Marie Castain , la française.  Elles sont hôtesses au Club Gaïa de Mama Sanae.

Kate disparaît étrangement, une photo d'elle endormie,  allongée dans un parc est envoyée par texto à son père Jason, avec comme texte "elle dort ici".  Etrange, il arrivera bien vite au pays du soleil levant pour mener son enquête en compagnie de Marie.  L'inspecteur Yamada sera lui aussi sur le coup, ainsi que Yudai un ami proche de Kate , hôte au Café du Château.  Je n'ai pas envie de vous en dire plus de l'intrigue.

Marie, Yudai et Yamada seront les trois voix qui nous guideront au cours de l'enquête, mais à mon sens ce ne sont pas les personnages principaux, il faut y ajouter Kabukicho et surtout la culture japonaise dont Dominique Sylvain nous parle à merveille.

En effet, c'est avant tout un livre d'ambiance.  On est sur place et on découvre les us et coutumes étonnantes et c'est passionnant.  La description des lieux est parfaite : Shinjuku, Roppongi Hills, la parc de Chiba, mais aussi les soapland, les influences des Yakusa, le vocabulaire japonais.

La société japonaise est bien décrite, décortiquée. La psychologie des personnages est parfaite, on rentre au plus profond des dérives de l'âme.  Un super polar d'ambiance.  L'écriture est fluide.

Une découverte à faire sans hésitation.

Ma note : 8/10


Les jolies phrases

Etre abandonné permet d'avoir l'esprit libre.

C'est le plaisir du jeu. Le client joue à l'homme à qui tout réussit.  L'hôtesse endosse le rôle de la jeune fille naïve, moins intelligente que son compagnon.





jeudi 16 mars 2017

Ce que tient ta main droite t'appartient - Pascal Manoukian ♥♥♥♥♥

Ce que tient ta main droite t'appartient

Pascal Manoukian



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Don Quichotte Edition
Parution 05/01/2017
288 pages
Prix : 18,90 euros
ISBN : 978-2-35949-591-1

Présentation de l'éditeur


Si ce soir-là Charlotte n’était pas sortie dîner entre filles, elle promènerait Isis dans les allées d’un square. Il lui achèterait des livres qu’elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour, elle serait plus belle. Chaque jour, il serait plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu’à un bas filé…

Le miracle n’arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu’aux ruines d’Alep, au cœur de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d’égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux.

Un voyage réaliste au pays mal connu de l’embrigadement et de toutes les violences.

L'auteur

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Pascal Manoukian est journaliste grand reporter, il a couvert la plupart des grands conflits qui ont secoué la planète entre 1975 et 1995.
Il est directeur éditorial de l'agence de presse Capa et auteur.
Il a obtenu en février 2016, à la Foire du Livre de Bruxelles, le prix Première pour son roman Les échoués.

Source : France Inter

Si vous voulez en savoir plus :





Mon avis


Karim et Charlotte avaient tout pour être heureux. Charlotte portait le vie en elle, et il a suffi de quelques secondes pour que tout bascule. Un rendez-vous avec des copines pour fêter cette grossesse à la terrasse du "Zébu Blanc" à Paris. Aurélien et un comparse font irruption , une arme au poing, la fusillade éclate et ils se font sauter semant l'horreur.


Karim perd tout et veut comprendre pourquoi.
Karim est d'origine algérienne, musulman d'origine, il croit dans un islam de paix et de partage.
Aurélien, l'un des terroristes était de son quartier, français de souche, il laisse une mère dévastée. Karim veut comprendre le chemin de la radicalisation et venger sa douce Charlotte.

Il va passer de l'autre côté, il s'inscrit sur Facebook sous un faux profil et très vite il va être contacté et devenir un candidat au Djihad.

Il entreprend le voyage en passant par Molenbeek, un quartier de Bruxelles où il rencontre ceux qui voyageront avec lui, Lila une jeune femme (15 ans) qui croit que le voyage est réversible, qu'elle va trouver là-bas des magasins à profusion, le paradis et celui qu'elle a épousé par internet, mais aussi Anthony et sa famille, Sarah et le petit Adam de 4 ans à qui il pense donner un monde meilleur.  Tous ceux qui tombent dans le miroir aux alouettes.

Ils traverseront la Turquie pour arriver en Syrie en plein coeur des bombardements face à la vraie réalité.  Ils verront les camps d'entraînement où après un lavage de cerveau, ils seront près à tout , à devenir des bombes humaines, de vrais instruments de l' État Islamique dont la force est de ne pas compter ses victimes.

Pascal Manoukian, ancien reporter de guerre, nous montre aussi la triste réalité d'Alep et des villes sujettes aux bombardements, le triste sort des minorités yézidies occupant le berceau de l'humanité.

On entretient le peuple dans l'ignorance, bannissant les livres, la culture et la télévision.

Daech trouve sa force dans nos faiblesses, dans les carences de notre société, dans les laissées pour compte, les désenchantés plus crédules, moins cultivés, désespérés.

C'est glaçant, terrifiant, un style percutant , efficace, juste et tellement réaliste.  Oh que ce livre suscite beaucoup de questions, de réflexions.  Il devrait être en lecture obligatoire auprès de nos jeunes.  Un récit qui m'a secouée, émue, un livre qui fait partie de ceux dont on ne sort pas indemne et qui va me poursuivre encore quelque temps.  Un livre INDISPENSABLE car dans les médias on ne parle pas assez de ce qui se passe réellement là-bas, le mal n'est pas toujours là où on le pense.

Merci Julie pour cette suggestion de lecture commune.  Vous trouverez son billet ici


C'est un immense ♥

Les jolies phrases

C'est simple, quand le désespoir est trop grand, il finit par rendre optimiste.

Ici au moins, avait ajouté son père, ma misère n'a gêné personne. J'étais arabe, c'était normal.

Aucun esprit sain ne peut imaginer la terreur qui règne sur les routes du désespoir, comme aucun esprit sain n'était capable d'imaginer l'horreur qui se dégageait des cheminées des camps. C'est le propre des bourreaux d'inventer des douleurs qui dépassent l'imagination.  Ils peuvent ainsi assassiner les mains libres.

C'est incroyable combien leurs deux religions peuvent être capables de beauté, quand elles s'entrelacent au lieu de se détruire.

Le Coran, c'est le prolongement de la Bible et de la Torah, on y salue juifs et chrétiens.  Ils sont considérés comme des peuples du Livre.  Nous leur devons respect et protection.  Tout musulman qui t'affirme le contraire ne mérite pas de mettre un pied dans ma mosquée.

Elle n'est plus là, mais il reste des traces d'elle partout, comme ces ombres de disparus incrustées par la chaleur de l'explosion dans le béton d'Hiroshima.

Trouver les frustrations, c'est s'ouvrir les portes les mieux verrouillées.

Au septième jour, plus un homme n'est debout, aucune volonté n'a résisté, on leur a trépané la mémoire, les instructeurs n'ont plus qu'à y plonger les doigts pour les reprogrammer.

L'inculture est le terreau de tous les fanatismes.

 La bonne vieille technique du coucou : squatter le nid d'un autre.  Détourner au profit du mal toutes les inventions destinées à faire du bien.

La vie est un goutte-à-goutte fragile.  Elle s'égrène seconde par seconde.  Un rien peut en arrêter le cours.

Voilà ce qui arrive quand le progrès n'assure plus le bonheur.  C'est la religion qui prend le dessus et on peut lui faire dire n'importe quoi.

La force des barbares est d'utiliser les faiblesses de ceux qu'ils combattent.  Il a suffi à Daech d'ouvrir Télé Z pour découvrir les nôtres.

La guerre fabrique des lâches ou des héros, et ceux qui la gagnent à la fin n'ont pas toujours les mains plus propres que ceux qui la perdent, mais la victoire absout leurs crimes et les transforme en actes de courage.




Un autre indispensable : L'orangeraie de Larry Tremblay

L'orangeraie - Larry Tremblay - Folio


mercredi 15 mars 2017

Les étoiles de Tchernobyl - Viviane Campomar

Les étoiles de Tchernobyl

Viviane Campomar

Tchernobyl 30 ans après

Editions Chèvre-feuille étoilée
D'une fiction à l'autre
Parution : 08/11/2016
80 pages
ISBN : 9782367951119
Prix : 6 €

Présentation de l'éditeur


1986, “accident nucléaire” à Tchernobyl.

2016, 30 ans après deux témoins se souviennent :

L’une, Dacha, oubliée de la nuit, qui comme chaque soir scrute les étoiles dans le ciel de Tchernobyl. Avec Mitia, son époux, Fédia et Verotchka leurs amis, ils avaient refusé de partir comme les autorités l’exigeaient. Ils sont restés seuls pour toujours.

L’autre, Macha, sa fille, infirmière, qui a très vite compris ce qui se passait et a dérobé un flacon d’iodure de potassium juste pour son mari, ses enfants et elle.

Mon avis

Un tout grand merci aux Editions Chèvre-feuille étoilée et Babelio pour ce petit livre que j'avais très envie de découvrir.  Un récit qui nous parle des conséquences de l'accident nucléaire de Tchernobyl.

J'avais été fort émue à la lecture de "86, année blanche" de Lucile Bordes (mon avis est ici) et j'avais envie d'avoir une autre vision.

Nous sommes dans la région des marais de Pripiat, à environ 20 kilomètres de la centrale.  Cette région a déjà payé un lourd tribut lors de la seconde guerre mondiale.  L'incendie éclate dans la nuit du 26 avril 1986.  Dacha, Mitia et leurs amis Fédia et Verotchka, enfants durant la guerre, feront de la résistance et refuseront de quitter le village lors de l'évacuation.  Le village sera détruit mais ils resteront, à quoi bon partir, ils sont à plus de vingt kilomètres de la centrale, c'est loin, pourquoi
partir ?  Les radiations, c'est quoi ?  Elles sont invisibles, inodores.  Pourquoi partir ? la terre est si généreuse.


Trente ans plus tard, ils témoignent.  Toujours en vie comme par miracle.  Ils nous parlent de leur solitude. 

Macha, leur fille est infirmière.  Au moment du drame, elle a dérobé un flacon d'iodure de potassium pour sauver son mari, ses enfants.  Elle est tenue au silence.

"Je cousais ma bouche au fil chirurgical"

Les habitants sont relogés, considérés comme des pestiférés, c'est difficile.  Les enfants de Macha voient autour d'eux les dégâts causés par les radiations.  Ils s'interrogent, pourquoi pas eux ?

Un petit récit émouvant à lire absolument.

Pour rester dans le même thème je vous conseille la magnifique Bd d'Emmanuel Lepage : "Un printemps à Tchernobyl"

Ma note : ♥♥♥♥

Les jolies phrases

D'où viennent toutes ces maladies autour de lui que Piotr accueille avec fatalisme, de la Centrale, de cette chose qu'on désigne parfois sous l'appellation de radiation, qui n'a ni goût ni odeur ni couleur, qu'on n'entend ni ne touche, et qui par conséquent n'existe sans doute que sous forme d'une idée abstraite, une idée que les gens instruits peuvent peut-être comprendre mais, elle, Dacha, cela la dépasse.

Ne plus revenir, ne plus jamais revenir, n'était-ce pas une mort plus affreuse ?

J'étais orpheline de vivants-morts que j'avais abandonnés.

Quand nous demandions aux enfants, avec une gaieté forcée, ce qu'ils désiraient le plus pour Noël, ils répondaient lugubres : vivre encore.

dimanche 12 mars 2017

Ma foire du Livre de Bruxelles 2017

Ma foire du livre de Bruxelles

Un moment attendu chaque année, l'occasion de faire la fête au livre et de belles rencontres.  L'occasion aussi de vider mon portefeuille car je dois bien l'avouer, je n'ai pas été très raisonnable mais bon quand on aime.  Deviendrais-je bibliomane ?  Je ne suis pas la seule à mon avis.

Trois visites cette année, j'étais invitée pour l'inauguration ce mercredi soir.  J'ai eu la chance de faire partie du jury du Prix des lecteurs de Club.  Je vous en avais déjà parlé, l'article complet se trouve ici
Une belle occasion de mettre en lumière six auteurs belges.  La gagnante était Alia Cardijn pour
Une vie à t'attendre.


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Le jeudi , remise d'un autre prix qui m'est cher : Le prix Première.  Ce prix récompense chaque année un premier roman.

C'est Négar Djavadi avec "Désorientale" qui le remporte.  Un livre qui me tente depuis la rentrée littéraire.

Négar Djavadi, lauréate du Prix Première 2017  - Tous droits réservés ©


J'ai profité de ma journée de jeudi pour faire le tour des maisons d'éditions.

Dernière visite ce samedi pour rencontrer des tas d'auteurs de chez nous, toujours souriants, toujours disponibles, c'est toujours un régal de pouvoir échanger et se rencontrer.  Je préfère ne pas en citer de peur d'en oublier.  Des dédicaces au programme également, merci Grégoire Delacourt, Delphine Bertholon pour votre disponibilité.  Du bonheur cette journée.

C'était aussi l'occasion de croiser des amis bloggueurs, des lecteurs et de faire du shopping.

Bilan que je vous détaillerai dans un autre article.

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L'invité d'honneur du salon était le Québec.  L'occasion de faire de belles découvertes et de faire connaissance avec d'autres auteurs.

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Mis à part Aki Shimazaki, j'ai eu le plaisir de rencontrer les autres auteurs.  J'ai de la réserve pour participer au mois québecois en novembre. ☺

Voilà fatiguée mais contente, s'achevait pour moi la Foire du Livre de Bruxelles.