mercredi 19 août 2015

La maladroite Alexandre Seurat ♥♥♥♥♥

La maladroite

Alexandre SEURAT


Un premier roman attendu pour cette rentrée littéraire.



Rouergue La Brune
Parution le 19/08/2015
Premier roman
128 pages
EAN 978-2812609251

Avis de l'éditeur


Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d’une enfant de huit ans. La photo produit un choc chez une institutrice qui a bien connu Diana. D’emblée, elle n’a aucun doute. La gamine n’a pas été enlevée, ses parents sont responsables de sa « disparition ».
Remontant sa courte vie jusqu’au temps même de sa conception, le roman égrène les témoignages de ceux qui l’ont côtoyée. Enseignants ou médecins scolaires, gendarmes, assistantes sociales, et jusqu’à la grand-mère ou le demi-frère de la victime : toutes et tous viennent prendre la parole, dire, dans la stupeur et l’urgence de s’exprimer, ce qui s’est noué sous leurs yeux, qui les a alertés, sans que jamais ils ne puissent enrayer le dénouement fatal. Peu à peu, ils cernent les zones aveugles de cette histoire ainsi que les failles d’un système pourtant dédié à la protection et l’épanouissement de l’enfance. Inspiré d’un fait divers récent, ce roman choral tient volontairement à distance tout effet de style, et évite la surenchère émotionnelle et compassionnelle.
Seulement les faits, et les faits connus par les témoins extérieurs : autour du trou noir de ce que fut le martyre de celle qui est appelée Diana dans le livre, l’auteur conserve le plus parfait silence.

L'auteur


Alexandre Seurat est né en 1979, il est professeur de lettres à Angers. Il a soutenu en 2010 une thèse de littérature générale et comparée.

Il nous parle de son roman






Mon avis


Un grand merci aux éditions Rouergue pour cette découverte de la rentrée littéraire avant l’heure.  Un premier court roman d’Alexandre Seurat qui semble fort attendu pour cette rentrée.

Il part d’un fait divers, un procès qu’Alexandre Seurat avait suivi. Il l’a marqué, poursuivi et est le point de départ de ce récit choc remarquablement mis en mots (monde) ;  un récit coup de poing qui bouscule, dont on ne sort indemne.

J’en suis sortie K.O.  Un récit parlant d’un sujet brûlant : la maltraitance parentale.  Je vous rassure il n’est pas question de voyeurisme, ce n’est pas pathos.  Le sujet est traité avec beaucoup de pudeur.
C’est la description d’un destin sans précédent, un destin qui apparait au fil de la lecture comme une évidence, sur lequel il était impossible d’interagir.

Diana est une petite fille de huit ans.  Elle a disparu.  Un avis de recherche est lancé.  Celles et ceux qui l’ont croisée durant sa courte vie vont prendre la parole et témoigner.

Une écriture magnifique, sous forme d’un roman choral.  Tour à tour chacun témoignera de ce qu’il a vu, des initiatives mises en place pour sauver Diana, en vain.

La violence du récit n’est pas dans les descriptions des sévices de son quotidien, pas du tout, ce n’est pas le sujet central.  La violence vient des sourires et des silences de Diana.


Il n’y a pas de surenchère émotionnelle, tout réside dans les faits. Entre réalité (revendiquée par l’auteur) et fiction, axé sur les émotions, un roman coup de poing qui nous fait prendre conscience de la nature humaine, de l’impuissance, du déni et de la manipulation.   A découvrir sans plus attendre.


Ma note : un grand coup de ♥ , coup de poing


Les jolies phrases

C'est tellement bien écrit que j'avais envie d'en noter à chaque page, en voici quelques-unes.

Une famille bricolée, oui, une famille rapiécée, une famille où rien ne se dit, mais où les drames se passent au vu de tous, et en silence, sans que personne ne s'interpose.

Paralysée en raccrochant, parce que je n'avais pas fait ce qu'il aurait fallu, pas dit ce qu'il fallait comme il fallait.

p29

J'ai cessé d'enseigner - la décision, c'est ce qu'il y a de facile, le soulagement de rompre, de se dire, "Plus rien ne sera plus pareil", tout brûler compense les regrets qui vous brûlent, il y a une ivresse.

J'aimerais pouvoir dire que je l'aimais comme une soeur - mais elle n'en était pas une pour moi, puisqu'elle n'était RIEN... (105)


Challenge 1 % de la rentrée littéraire

C'est parti.

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4 commentaires:

Eimelle a dit…

Un livre nécessaire hélas...

stephanie-plaisir de lire a dit…

Saisissant ce premier roman que tu nommes si bien "coup de poing "

Léa TouchBook a dit…

C'est un très beau roman :)

Nathalie Vanhauwaert a dit…

Effectivement un livre indispensable qui marquera je pense cette rentrée littéraire.