dimanche 6 septembre 2015

Les fugueurs de Glasgow Peter May

Les fugueurs de Glasgow

Peter May



Rouergue Noir
traduit de l'anglais par : Jean-René Dastugue
Format : Broché
Nb de pages : 336 pages
Dimensions : 14 cm X 21 cm
Date de parution : 02/09/2015
ISBN : 978-2-8126-0927-5
Prix : 22.5 euros


Note de l'éditeur


C'étaient les sixties. Une génération décidée à bousculer l'horizon s'engageait dans une décennie d'aventures et d'expériences nouvelles. Et ils étaient cinq, cinq gamins de Glasgow, grandis dans des familles modestes et réunis par l'amour du rock. Au son des Stones et des Kinks, de cette musique révolutionnaire, violente et romantique qui déferlait sur le Royaume-Uni, ils décidaient de fuir jusqu'à Londres, cette ville inconnue qu'ils appelaient «The Big Smoke» et où les attendait, ils en étaient convaincus, le plus brillant des destins. Ils étaient cinq et seuls trois d'entre eux revinrent à Glasgow avant même que finisse cette année 1965. Pour eux, rien ne fut jamais plus comme avant.
Cinquante ans plus tard, un meurtre brutal va sortir trois vieux Écossais de leurs existences finissantes dans un ultime acte d'amitié. Revenant sur les pas de leur adolescence et de la fugue qui les emporta, à dix-sept ans, vers de cruelles désillusions, ils vont remonter jusqu'à la nuit terrible qui vit mourir deux hommes et disparaître pour toujours la jeune fille qui les accompagnait.
S'inspirant de sa propre fugue entre Glasgow et Londres lorsqu'il était adolescent, Peter May livre un polar nostalgique autour des rêves perdus et des passions éteintes de la jeunesse. Dans une spirale éperdue, ses personnages sont emportés dans un même chaos à travers les décors d'un pays bouleversé par la modernité, où les espoirs d'antan n'en finissent pas de s'effondrer et où leur propre passage n'aura laissé aucune trace. Mais les larmes ne résilient ni le mal ni le mensonge. Et, au bout du compte, qu'est-ce que la mort d'un homme sinon l'effacement de ses propres crimes ?


L'auteur




Né en 1951 à Glasgow, Peter May fut journaliste, puis brillant et prolifique scénariste de la télévision écossaise. Il vit depuis une dizaine d'années dans le Lot où il se consacre à l'écriture. Sa trilogie écossaise - L'île des chasseurs d'oiseaux, L'Homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu -, initialement publiée en français par les Éditions du Rouergue, a connu un immense succès dans le monde entier. En 2014 a paru L'île du serment. Toute son oeuvre est disponible aux Éditions du Rouergue.


Il nous en parle

Mon avis

Après avoir dévoré "La trilogie écossaise" cet été, j'étais impatiente de lire le nouveau Peter May.  On reste en Ecosse bien entendu mais dans un registre complètement différent.  L'auteur s'est inspiré d'une fugue réalisée lorsqu'il était jeune.

Nous sommes en 1965, cinq adolescents sont passionnés de musique.  Ils créent un groupe de reprises, "The Shuffles". Ils décident de fuir Glasgow et de tenter leur chance à Londres, ville de tous les possibles. Le périple ne sera pas simple, imaginez-vous, ils sont jeunes (15 ans pour certains), naïfs, pleins de rêves et d'espoir.  Après un détour par Leeds pour récupérer Ratchel, la cousine de Maurie, ils atterrissent chez le Docteur Robert, expert en hallucinogènes...

Cinquante ans plus tard, trois d'entre eux, dont Maurie en fin de vie, referont le voyage en compagnie de Ritchie  (geek et obèse) le petit-fils de Jack.  Une nouvelle génération les accompagne avec un autre style musical car la musique est reine dans ce polar mais j'y reviens un peu plus loin.

Ils referont donc ce voyage mais désillusion et amertume feront place à l'excitation et l'espoir d'une célébrité et de tous les possibles un demi-siècle plus tôt.

Un drame s'était déroulé à l'époque, ils ont bien l'intention de comprendre ce qui s'était réellement passé.

Peter May nous fait revivre les sixties, la découverte de la sexualité, des drogues, des rêves de célébrité, les espoirs d'une jeunesse.  Il nous emmène dans des lieux mythiques : Abbey Road, The Marquee Club, Saville Row, Denmark Street et nous fait côtoyer Les Beatles, John Lennon, Bob Dylan.




Savile Row



Marquee Club



Savoy Hotel


On revivra avec lui la sortie de "Ticket to ride"




Nous accompagnerons les Kinks, les Rolling Stones avec "Let it bleed" et tant d'autres.



Peter May avec beaucoup de sensibilité, donne une grande humanité à ses personnages tout en laissant transparaître leurs zones d'ombres et de lumières.  L'écriture est belle, sincère. Il nous dresse de jolis bilans de vie.  Un récit dont l'originalité se situe dans ce parallèle du même voyage à un demi-siècle d'intervalle.    Le trip a bien fonctionné, la descente est parfois dure mais c'est la vie.

Ma note : 7.5/10


Les jolies phrases

Il n'y a rien de plus désirable que le fruit défendu, c'est ainsi.

Parfois, les paroles prononcées sous le coup de la colère blessent au-delà, de ce que l'on souhaite... Toutefois, si elles font mouche, c'est aussi parce qu'elles recèlent une vérité que la bienséance empêche d'exprimer.

Parfois, tu ne peux pas voir la vraie personne derrière la façade que les gens affichent.

Je suppose que la vie est intimement liée à la douleur, non ?  Liée au sentiment.  A n'importe quel sentiment.  Même les émotions positives peuvent être douloureuses à leur manière.  Et la douleur, la douleur pure et simple, est le sentiment le plus intense de tous.

Tu vois, Raitch, ne rien ressentir, c'est comme être mort.  Je n'ai pas la prétention de savoir ce que c'est de planer sous héroïne, et je n'ai pas envie de le savoir.  Mais ce que tu décris me fait penser à une petite mort.  Je préfère être vivant et composer avec la douleur.

Mais une fois que tu t'es engagé sur cette route...A l'aller, la pente est douce, mais quand tu veux rebrousser chemin, c'est comme escalader l'Everest.

Comment aurais-je pu savoir que l'échec est semblable à une mort lente et pénible et que la déception que l'on éprouve en raison de la tournure que notre vie a prise ne disparaît jamais ?

Le problème, c'est que de nombreux psychiatres aiment trop s'écouter parler.  Ce qui est important, c'est ce que le patient a à dire.  La vrai vertu, c'est l'écoute.

Ce que j'essaie d'exprimer, c'est qu'on ne pense jamais que les personnes âgées ont été jeunes un jour.  Je veux dire, tu sais bien qu'elles l'ont été, mais tu ne peux pas te l'imaginer.  Tu ne vois que le gris et la vieillesse, et tu en as marre de les entendre rabâcher comme tout était mieux quand ils étaient jeunes.

Vous pouvez vous enfuir aussi loin que possible, les choses que vous essayez de laisser derrière vous vous attendent à l'arrivée.  Parce que vous les emportez toujours avec vous.



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