mercredi 16 août 2017

Encore vivant - Pierre Souchon

Encore vivant       -   Pierre Souchon


Rouergue
La Brune
août 2017
288 pages
19,80 €
ISBN
978-2-8126-1434-7


Présentation de l'éditeur


Alors qu’il vient de se marier avec une jeune femme de la grande bourgeoisie, l’auteur, bipolaire en grave crise maniaco-dépressive, est emmené en hôpital psychiatrique. Enfermé une nouvelle fois, il nous plonge au cœur de l’humanité de chacun, et son regard se porte avec la même acuité sur les internés, sur le monde paysan dont il est issu ou sur le milieu de la grande bourgeoisie auquel il se frotte. Il est rare de lire des pages aussi fortes sur la maladie psychiatrique, vue de l’intérieur de celui qui la vit. Ce récit autobiographique est le premier livre publié par Pierre Souchon, journaliste au Monde diplomatique et à L’Humanité.

Mon avis

C'est réfugié sur une statue de Jaurès que Pierre est emmené pour l'Hôpital Psychiatrique, un endroit qu'il connaît malheureusement trop bien car il y avait fait un séjour lorsqu'il avait 20 ans.

A l'époque, il avait été diagnostiqué bi-polaire.

Pierre n'a aucune envie d'être là, il ne comprend d'ailleurs pas pourquoi il s'y trouve entouré de paranos, d'alcooliques, de toutes ses vies délitées, de cette misère humaine ..

Tout allait pourtant bien pour lui, il avait remonté la pente, était devenu journaliste, s'était marié à Garance, une fille de la grande bourgeoisie, lui; le fils de la terre, le paysan d'Ardèche.

Tout allait bien, il était stable et le toubib l'avait progressivement libéré de son traitement.  On n'a rien vu venir et une grosse rechute, une phase maniaco-dépressive avant d'en arriver là.

Pierre est un révolté social, attaché à ses origines, une famille pauvre de paysans de Serre de Barre, se retrouvant dans sa belle-famille riche, il va péter un câble et tout rejeter.

Il a la rage en lui, il se livre à nous, se met à nu pour nous faire vivre l'intérieur de sa maladie, sa bipolarité.  Il nous décrit avec humour souvent, sur un ton vif son quotidien mais aussi sa rage d'être toujours comme l'épiphyte du parc, le chêne vert sur le séquoia : SEQUOIA SEMPERVIRENS :  encore vivant !

Il nous parle abondamment de la lutte des classes, de la guerre sociale qu'il a fait sienne.  Ce n'est pas pour rien qu'il s'est réfugié sur la statue de Jaurès..

Les entretiens avec son père sont très touchants, il nous parle de l'histoire des paysans en train de mourir, des châtaigniers, des sangliers , de la nature beaucoup, mais aussi de ses ancêtres soldats de guerre du vingtième.

Il nous fait comprendre l'ambivalence existante entre la prise de conscience et le besoin de traitement et sa reconstruction mais aussi le rejet de l'institution psychiatrique.  Il attire l'attention sur l'étiquette que l'on colle ou le regard que l'on porte en général sur les maladies psychiatriques que l'on stigmatise.

C'est fort, c'est prenant, un premier récit autobiographique qui secoue et que je vous recommande.

Ma note : 8.5/10

Les jolies phrases

C'était terrible, d'être passé du côté d'une drôle de barrière dont on n'avait même jamais songé qu'elle existait.  La barrière des fous.  Celle qui nous séparait des autres, les normaux, eux dont la vie était belle.

Ca veut dire que si tu es toi-même, si tu exprimes vraiment ce que tu as en toi, ce que tu sens, tes projets, tes énergies, ben ça peut changer le monde.  Je crois vraiment qu'il faut d'abord commencer par soi avant de penser à changer le reste.  Si on n'arrive pas à se changer soi-même, à être soi-même, on ne peut pas avoir des projets pour des autres.

Parce que toi, et vous tous, ici les déchirés, vous la tenez trop serrée entre vos mains brisées, vous la portez, l'humanité.

L'urgence, c'est de travailler mieux plutôt que de travailler plus.

...  -Acceptez votre maladie, et ce qu'elle implique.
- Mais, c'est justement là que ça ne va pas, madame Ducis.  Je me suis entièrement construit sur l'inverse, c'est-à-dire contre l'acceptation.  Quand on milite, c'est pour changer les choses. Donc ça suppose qu'on croie au changement, à la possibilité de la trsnformation, et qu'on ne fige rien en l'état.  Qu'est-ce qu'on fait avec l'ordre social ?  On l'accepte ?  Je le vomis, l'ordre social.  Donc je me bats pour le transformer.

L'amour de ton fils comme refuge, la seule chose que ton mari ne pouvait pas te voler.  Il avait tout pris.


challenge rentrée littéraire 2017

mardi 15 août 2017

L'adieu à la femme rouge - Vénus Khoury-Ghata

L'adieu à la femme rouge

Vénus Khoury-Ghata





















Mercure de France
176 pages
Collection Bleue
Parution : 04-05-2017
ISBN : 978-2-7152-4581-5
Prix : 16.80 €


Présentation de l'éditeur

Le photographe ne voyait que la mère qui lavait ses cheveux rouges puis les nattait sous l'œil de verre qui suivait ses bras nus levés haut pour fixer la masse de tresses au sommet du crâne. Clic clac malgré les regards désapprobateurs des voisins. Ne voyait qu'elle et ses cheveux mélangés à l'argile rouge. La boîte noire retombée sur la poitrine de l'homme, la mère n'aurait pas dû sourire mais rentrer chez elle, refermer sa porte, dérouler sa natte.

Après le passage d'un photographe occidental, la femme aux cheveux rouges disparaît brutalement de la palmeraie où elle vivait, laissant derrière elle ses deux enfants bouleversés. Le mari et les enfants suivront les traces de la mère de ville en ville, et la retrouveront des mois plus tard sur les murs de Séville, devenue top model célèbre grâce au photographe. Ascension rapide suivie d'une chute brutale : l'engouement de l'Occident pour l'étrangère est de courte durée ; les mannequins noirs ne sont plus à la mode, remplacés par les Slaves éthérées... Misère et maladie rattrapent la reine d'hier.
Avec son incroyable talent de romancière, Vénus Khoury-Ghata nous entraîne dans les rues et les faubourgs de Séville, et livre un roman tragique et drôle sur l'exil, la famille et la condition des migrants.


L'autrice

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photo Catherine Hélie / Editions Gallimard

Romancière et poète, Vénus Khoury-Ghata est l’auteur d’une œuvre importante, dont Le Moine, l’Ottoman et la Femme du Grand Argentier (Prix Baie des Anges 2003), La Maison aux orties et Quelle est la nuit parmi les nuits, Les Obscurucis. Au Mercure de France, elle a publié Sept Pierres pour la femme adultère et La fille qui marchait dans le désert. Elle a reçu le Grand prix de poésie de l'Académie française 2009 pour l'ensemble de son oeuvre poétique et le Goncourt de la poésie 2011.


Elle nous présente son roman :





Mon avis

Elle vient d'un pays d'Afrique.  Elle vit là-bas dans la palmeraie avec son mari et ses deux enfants; les jumeaux Zina et Zeit.  Elle travaille l'argile rouge avec ses mains et en enduit ses cheveux et son corps qui prennent la couleur rouge.

Un jour, un homme blanc aux cheveux jaunes vient photographier le désert.  Il la voit et envoûté prend des photos d'elle jusqu'à la nuit tombante.  Pour la première fois de sa vie, elle se sent exister, vivre.  

Elle partira, suivra l'homme aux cheveux jaunes en Europe pour vivre son destin.

Le mari et les enfants vont entreprendre le grand voyage pour la retrouver et la ramener au pays. Six mois de désert jusqu'à Tarifa, trois mois de plus pour arriver à Séville.

En arrivant, ils découvrent sa photo partout sur les murs de Séville.  

Avec l'aide de Baobab, un africain migrant, ils vont prendre contact avec le photographe pour retrouver sa trace et renouer le contact.

Choqué par sa nudité dévoilée, le père avec l'aide de Baobab, passeront leurs nuits à habiller le corps de sa bien aimée.

Mais les codes changent, la couleur de peau des mannequins aussi et du jour au lendemain, tout bascule.  Elle, adulée hier, posera pour des pubs de produits ménagers, elle ira même jusqu'à se mutiler pour rendre une plus grande authenticité de son image, au détriment de sa santé.

Père et enfants ont migré dans l'espoir de la ramener à la maison, mais arrivés sur place il faudra déchanter car au pays elle serait lapidée, répudiée.  Ils vont donc survivre avec d'autres migrants trouvant par-ci par-là de petits jobs pour être là où elle se trouve.

Zina, mendiante est attirée par la foi.  Zeit prendra lui peu à peu la place qu'occupait sa mère sur les murs de la ville en y faisant des graffitis....un autre destin l'attend.

Une femme jouera un rôle important auprès de la famille et des enfants : Amalia.

Il y a beaucoup de choses à dire dans et sur ce magnifique récit : un autre regard sur les migrants, la notion de racisme, la force de l'amour du mari ...  mais je ne veux pas vous gâcher le plaisir de la lecture.

Enormément de jolies phrases relevées car l'écriture de Vénus Khoury-Ghata est somptueuse.  Le phrasé est particulier, très sensuel, très poétique.  C'est un peu comme un conte oriental à l'écriture ciselée.  Une plume magnifique que je vous recommande très particulièrement.

Ma note :  un immense coup de ♥

Les jolies phrases

Elles sont nombreuses, présentes à toutes les pages, en voici quelques unes....

Rien de précis dans tout ce qu'il dit.  L'homme qui a atterri sur leur trottoir est de la race des escargots.  Il se retire dans sa coquille pour ne pas se livrer et ce n'est pas la bave laissée derrière lui qui va expliquer ses motivations.

Elle parle de lui au passé, à l'imparfait comme s'il était mort alors qu'il respire derrière la mince cloison qui les sépare.

A-t-on besoin d'écrire quand on sait parler ?  L'écriture n'est utile qu'aux muets.  Personne n'écrivait au ksar, tous parlaient mais avec d'autres mots.  Ceux qu'il entend sont plus longs, plus étroits, ont d'autres sons.  Zeit a beau les tordre dans un sens puis dans un autre, ils ne sont pas faits pour sa bouche.

Son explication est simple : ces gens veulent nous rabaisser.  La race blanche se venge.  Revanche des incolores sur les colorés.

Elle s'interdit tout sentiment, toute émotion, ne demande rien à personne, ne cherche pas à revoir ses jumeaux qu'elle sait dans la même ville.  Elle a échoué à faire d'eux de vrais enfants et ils ont échoué à faire d'elle une vraie mère.  Culpabilité partagée.  Ils sont quittes.  Inéluctable la séparation.

Désirée hier, rejetée aujourd'hui.  Elle voulait avoir un destin, devenir un personnage.  Le sort en a décidé autrement.  La mode aussi.  Les africaines remplacées par les lituanniennes, les slovènes éthérées, les sombres passées de mode.

L'art ignore les races et les appartenances.  Même planète pour tous, les frontières, les barbelés, une invention d'hommes à l'étroit dans leur imagination.

Il a besoin d'avoir peur pour créer, la quiétude ne vaut rien pour l'artiste.


dimanche 13 août 2017

Les thermes du Paradis - Akli Tadjer

Les thermes du Paradis

Akli Tadjer







JC LATTES
EAN : 9782709638166
Parution : 26/02/2014
314 pages
18.00 €

Présentation de l'éditeur

Adèle Reverdy est une jeune femme pleine de complexes et, pour comble de malheur, les hommes la fuient dès qu’elle avoue son métier de croque-morts.

Mais sa vie va changer le jour de ses trente ans. Parmi les invités venus à la fête organisée par sa sœur, il y a Léo, ancien trapéziste devenu aveugle à la suite d’un accident puis masseur aux Thermes du Paradis. Un soleil noir dans la vie d’Adèle qui, aidée de sa meilleure amie Leila, talentueuse thanatopractrice, va tout faire pour conquérir le cœur de Léo.

Un roman plein d’humour et de tendresse où l’on découvre que l’on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel est invisible pour les yeux.

Mon avis

Adèle Breguet est croque-mort, un drôle de métier me direz-vous pour une femme de 30 ans.  Drôle de métier, oui mais elle l'assume et l'aime.

Adèle va fêter son anniversaire et sa soeur Rose désespère de la voir heureuse, de la voir vivre une vie amoureuse normale car oui, Adèle est célibataire.  Vous pensez bien que ce n'est pas simple pour elle d'annoncer sa profession, chaque prétendant fuit lorsqu'il l'apprend...

Claire partage son appartement avec Leila qui exerce elle un autre métier pas facile, elle est thanatopractrice.  Thanato quoi ?  Elle est esthéticienne dit-elle quand on lui demande sa profession , oui mais une esthéticienne un peu particulière, elle rend un visage humain à ceux qui sont morts.
Beaucoup plus sûre d'elle, elle a des aventures amoureuses et souhaiterait que sa copine en vive aussi.

Le problème de Claire, c'est son manque de confiance en elle et sa multitude de complexes.

Le soir de son anniversaire, elle va enfin connaître le coup de foudre, il se nomme Léo, il est masseur aux thermes du Paradis.  C'est un beau black, magnifique, il était trapéziste et a malheureusement perdu la vue suite à un accident.  Adèle est sous le charme, oublie ses complexes et est prête à tout pour conquérir le coeur de Léo.

C'est une histoire d'amour que nous propose Akli Tadjer qui avec beaucoup d'humour, de sensibilité mais aussi de dérision nous présente des personnages attachants.  Le style est fluide, c'est rempli de vie (ben oui, il n'y a pas que des morts même si le sujet est omniprésent).  Avec beaucoup de tendresse, de délicatesse, il nous fait découvrir les failles des protagonistes.  Une Adèle emplie de générosité, de bienveillance.

J'ai vraiment passé un super moment de détente pour un roman d'apparence léger mais en réalité pas tant que cela. En filigrane de vraies questions sur le regard des autres, sur ce qui pourrait changer une vie.


Ma note : 9/10



Les jolies phrases

Hélas, ma soeur a cent fois raison : une vie amoureuse sans feu ni affection suffirait à me donner l'illusion de ne plus être un corps mort.

Devenir aveugle, c'est ne plus pouvoir se regarder dans la glace, ne plus savoir si on est beau ou laid, c'est être dans le vide absolu puisque plus rien n'arrête votre regard. Devenir aveugle, c'est être dans le vide absolu puisque plus rien n'arrête votre regard.  Devenir aveugle, c'est ne plus pouvoir déceler dans les yeux de sa mère une émotion, un sourire, une tristesse, une larme.  Devenir aveugle, c'est perdre un à un tous ses amis mais c'est surtout perdre celle qu'il avait aimée et, au final, c'est vivre dans la plus haute des solitudes.


J'ai aussi aimé :

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vendredi 11 août 2017

Le silence de Belle-Île - Laurence Bertels

Le silence de Belle-Île

Laurence Bertels



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Editions Luce Wilquin
Sméraldine
Parution le 10 février 2017
240 pages
ISBN 978-2-88253-530-6
EUR 20.-

Présentation de l'éditeur



La quarantaine discrète, Cédric ne s’est jamais senti aimé par sa mère, ni par sa grand-mère, ni par son épouse. Et l’être dont il est le plus proche, son grand-père, Jacques Le Garrec, notaire à Saint-Pierre-Quiberon, s’éteint à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

Présent sur la presqu’île au moment du décès, Cédric y restera jusqu’aux funérailles, aux côtés de Clarisse, la jeune dame de compagnie de son grand-père.

Sept jours qui bouleverseront son existence.

La lecture du journal intime de sa grand-mère, devenue muette au lendemain d’un naufrage, ébranlera toutes ses certitudes, d’autant que Clarisse, elle aussi, se révélera bientôt sous un autre jour.
Ce roman tout en retenue, qui laisse au lecteur sa part d’imaginaire, nous emmène de Saint-Pierre à Belle-Île-en-Mer à travers trois générations.

Laurence Bertels est journaliste au service culturel du quotidien La Libre Belgique. Le silence de Belle-Île est son second roman, après La solitude du papillon paru en 2013 aux Éditions Luce Wilquin.

Mon avis

Cédric a 37 ans. De tout temps il ne s'est jamais senti aimé.  Ni par Françoise son épouse avec qui il cohabite - la distance est devenue trop grande, ni avec sa mère disparue à l'aube de ses vingts ans, ni avec sa grand-mère -  rigide, dure, prostrée dans un silence depuis des années.  Le seul homme dont il ressent l'amour est Jacques Le Garrec, son grand-père, notaire à Saint-Pierre-Quiberon, qui lui a donné jusqu'à son nom.

Il est près de lui lorsque celui-ci s'éteindra à l'âge de 83 ans.

Les funérailles auront lieu dans une semaine, il restera sur place à le veiller en compagnie de Clarisse, la dame de compagnie qu'il connaît depuis si longtemps.  Sept jours d'attente qui vont changer sa vie.

Morgane Perron est notaire, elle lui dévoilera le testament mais aussi une lettre, et lui remettra le journal intime de sa grand-mère, Jeanne Gueminez, c'était le souhait de son grand-père.

Cédric remonte alors le temps, il "revit" à travers ce journal le naufrage de l'Hirondelle, disparu à tout jamais avec les amis de son grand-père.  C'était en 1953.  "Le père Filou" avait bravé la tempête et était arrivé à Belle-Île, Jean son ami n'était jamais arrivé.

La mer, les embruns, le golfe du Morbihan et Belle-Île sont les personnages de ce magnifique roman. J'ai pris énormément de plaisir à la lecture étant passé la veille à Belle-ïle, j'y ai retrouvé les lieux, les anecdotes glânées sur l'île.

Ce roman, c'est un secret bien gardé qui va changer la vie, permettre de regarder au fond de soi, faire le bilan de sa vie et oser prendre un nouveau départ.

C'est fluide, c'est beau.  Cela devient un peu plus lent dans la découverte du journal pour permettre de prendre le temps de la réflexion, d'admirer les paysages, la mer,  de comprendre le mutisme de Jeanne et l'amour de Jacques.  Un roman qui nous dit que nous avons toujours le choix de modifier le destin et de prendre notre vie en main.

Ma note : 8.5/10



Les jolies phrases

Surtout reste toi-même. Le seul conseil que je puisse te donner serait d'acquérir un peu plus de confiance en toi et de profiter d'avantage de la vie.

Cédric n'avait pas pensé à le lui demander, et il réalisa à quel point les questions surviennent lorsque les réponses se sont envolées avec ceux qui les détenaient.

Si toute vérité n'est pas bonne à dire, il est des secrets trop lourds à porter qui empoisonnent la vie des survivants.

Chaque fois qu'il quittait "Kenavo", il repartait grandi, prêt à affronter la vie et son reflet dans le miroir.  Certaines personnes vous parlent, décèlent le meilleur en vous, là où d'autres guettent leurs failles.

On redoute un malheur toute une vie et, lorsqu'il arrive, on se sent presque soulagé.



J'avais aussi beaucoup aimé :  (Cliquez sur la couverture pour avoir mon billet)



mardi 8 août 2017

Coeur naufrage - Delphine Bertholon

Coeur naufrage  -  Delphine Bertholon



JC Lattès
EAN : 9782709658447
Parution : 01/03/2017
304 pages
20.00 €

Présentation de l'éditeur


Lyla, à l'aube de ses 34 ans, est célibataire, casanière, solitaire. Seuls son travail de traductrice et Zoé, sa meilleure amie fantasque, lui permettent d'échapper à la routine d'un quotidien bien huilé. Jusqu'au jour où un étrange message la renvoie brusquement dix-sept ans en arrière. Eté 1998. Lyla a seize ans, une mère abusive et des envies d'ailleurs. En vacances sur la côte atlantique, elle rencontre Joris, un surfeur dont elle tombe amoureuse.
Quand elle comprend qu'elle est enceinte, il est trop tard. Coeur-Naufrage, roman choral, raconte en alternance l'adolescence de Lyla et les conséquences de cet été-là : pour l'adulte qu'elle est devenue, qui porte le secret de son accouchement sous X, et pour Joris, qui découvre à contretemps ce qui s'est joué dix-sept ans auparavant. Les accidents de la vie, les non-dits, les malentendus façonnent nos existences - mais est-il jamais trop tard pour rattraper certains rendez-vous manqués ?

L'auteur

Delphine Bertholon

Née à Lyon en 1976, vivant à Paris une dizaine d'années.  Elle est scénariste et écrivain.

Delphine Bertholon est l’auteur de Twist, L’Effet Larsen, du très remarqué Grâce et, plus récemment, du Soleil à mes pieds et des Corps inutiles, tous parus chez Lattès. Elle vit à Paris, dans le 11earrondissement.


Mon avis

C'est le regard embué, les larmes aux yeux que je termine "Coeur Naufrage".

Que de sensibilité, d'émotions.  Ce roman est une pépite que j'aurai dû sortir plus vite de ma Pal.  Un roman magnifique qui nous parle des "non-dits", des accidents de la vie.

Lyla a 34 ans, elle a l'impression que sa vie est vide, qu'elle passe à côté de l'essentiel.  Impossible pour elle de se fixer, d'avoir une vie amoureuse...

Faut dire que la vie ne l'a pas épargnée.  Un père absent, cocu.  Une mère qui n'en a que le nom, photographe célèbre, rigide, égoïste, ne pensant qu'à elle, utilisant l'image de sa fille mais ne lui donnant aucun amour.

Un jour, un coup de fil.  C'est Joe, enfin Joris.

Elle se souvient de son adolescence, elle avait 16 ans.  Elle se souvient de Joris, le taiseux, un autre écorché de la vie.  Une chaîne de vélo qui saute, dans les Landes, une rencontre qui allait changer sa vie.

Joe est secret, il est orphelin de mère, son père est strict, violent et ne quitte jamais sa bouteille.

Joe est en quelque sorte son "jumeau", un parent absent, l'autre qui l'ignore.  Ce sont deux écorchés, deux jeunes qui vont devoir se construire en bravant tant d'obstacles.

Je ne peux en dire plus sans déflorer l'histoire mais c'est un récit que l'on ne lâche pas, une nuit blanche de lecture tellement on est captivé par cette plume qui alterne le ressenti de l'un puis de l'autre en faisant des allers-retours à dix-sept ans d'intervalle.

Une plume captivante, tout en délicatesse, en émotions.  Lyla avec un y ne peut vous laisser indifférent.  J'avais l'impression que j'allais la rejoindre l'écoutant me raconter son histoire.

Magnifique pépite.  Merci Delphine Bertholon.

Gros coup de ♥



Les jolies phrases

La jeunesse, Lyla est un monstre. Quand on la possède, on ne sait pas en profiter, pas vraiment, on n'en a même pas conscience.  Puis un jour, on réalise trop tard, qu'elle est partie. Alors on rêve que ce monstre revienne, mais il ne revient jamais.  Et il n'y a rien d'autre à faire que chialer, ma pauvre petite, chialer sur un monde à jamais disparu.

Les pères sont pareils aux oiseaux : ils migrent.  Mais comment simplement exister, quand on n'a pas de mère ?

Être mère, Lyla, ce n'est pas juste être aimée.

Ce n'est pas où on vit qui importe, murmure-t-elle C'est avec qui.

L'absence de choix est une abomination, et ce, même si l'existence est une suite de non-choix.

La routine, je m'en rends compte aujourd'hui, est ce qui nous reste lorsqu'on a tout perdu.

Les rêves n'ont pas toujours vocation à se réaliser.  Ils font avancer, persévérer, donnent du courage, et c'est tout ce qu'on leur demande.

Cela peut paraître paradoxal, mais les mots des autres, m'ont aidée à devenir quelqu'un - ou simplement, à rester quelqu'un.

On a tous un passé .  Sauf qu'il ne nous revient pas toujours en boomerang dans la gueule.

samedi 5 août 2017

Les demoiselles de Beaune - Karine Lebert

Les demoiselles de Beaune      

Karine Lebert



Presses de la Cité
Terres de France
Parution le 06 avril 2017
400 pages
ISBN  978-2-258-11854-6
Prix 20.50€


Présentation de l'éditeur



Au XVe siècle, pour enterrer son douloureux secret, Balbine de Joinville va lier son destin à celui des hospices de Beaune. Un drame réaliste et sensible mêlant la petite et la grande Histoire.
Toute petite déjà, Balbine de Joinville aimait se promener dans les venelles de Beaune. Là, elle pouvait observer l'édification des hospices – les plus beaux de toute la Bourgogne ! – et rêver d'y prodiguer, un jour, des soins aux malades.
Mais, en 1454, si la jeune fille choisit de s'enfermer en ces lieux, l'année de ses dix-huit ans, c'est pour enfouir son drame et sa honte. Elle y reste toutefois par passion pour les herbes médicinales. Une passion qui nourrit un talent de thérapeute apprécié du médecin Maric Lambert. Ce dernier, veuf inconsolable, ne cache pas son attirance pour cette soeur hospitalière au lourd secret...

Pendant un demi-siècle, le destin tumultueux de Balbine de Joinville s'entremêle à celui des hospices de Beaune à leur apogée, comme les fils de laine d'une tapisserie chatoyante, tableau fidèle de la vie quotidienne d'alors.

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Mon avis

Karine Lebert nous emmène en Bourgogne, plus précisément à Beaune pour nous conter  plus d'un demi-siècle de l'histoire des hospices.

Le 4 août 1443 lorsque Philippe Le Bon pose la première pierre des hospices de Beaune, Balbine de Joinville est alors âgée de 7 ans.  Elle en a 15 à la fin de la construction.

Son rêve, y travailler.  Ce rêve ne fait que s'intensifier après la visite de ceux-ci qu'elle effectuera avec son oncle fin 1451.  Elle étudie les plantes et les herbes médicinales pour devenir un jour dame hospitalière mais la vie lui réserve des embûches et elle devra garder un lourd secret pour arriver à ses fins.

Je n'ai pas envie de vous en dire plus concernant la vie de Balbine, si ce n'est qu'elle est passionnante et que nous la regarderons évoluer sur plus de cinquante ans.

Un roman qui nous parlera de familles, de la vie des paysans, de celles des châtelains, de la famine, des écorcheurs, d'épidémies et bien entendu de la médecine et d'amour.  L'histoire de Balbine cotoie l'Histoire avec un grand H de la vie en Bourgogne au quinzième et surtout celle des hospices.  Ce récit est très bien documenté.

L'art de la médecine de l'époque, le poids de la religion, des croyances et des moeurs de l'époque est bien décrit.  C'est une jolie plume que celle de Karine Lebert que j'ai pris plaisir à lire.

Ma note : 8.5/10



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Du même auteur, j'ai apprécié :   (mon avis en cliquant sur la couverture)

vendredi 4 août 2017

Challenge 1 % de la rentrée littéraire 2017

Challenge 1% de la rentrée littéraire 2017

C'est la quatrième année que je participe à ce challenge organisé depuis huit ans par Sophie Hérisson du blog "Délivrer des livres".

Un peu plus que l'an dernier, c'est 581 livres qui paraîtront durant cette rentrée littéraire.

581 romans et nouvelles adultes , dont 81 premiers romans (catégorie que j'affectionne beaucoup)

Des sorties littéraires attendues, des découvertes à faire, des coups de coeurs inattendus… et comme chaque année Sophie nous invite à partager tout cela avec elle !





Le Challenge Rentrée littéraire 2017 est ouvert !



Il s’agit pour réussir ce challenge, comme pour les précédentes éditions, de lire 1% des livres de cette rentrée littéraire, soit 6 livres !

Le Challenge change un petit peu cette année, et devient plus restreint en date, et sera ouvert d’août 2017 au 31 janvier 2018. Une restriction qui permettra de plus le mettre en avant sur la période essentielle de la rentrée littéraire, pour ensuite laisser la place à la rentrée de janvier.

challenge rentrée littéraire 2017


Quelques « Règles » :

* Tout le monde peut participer. Les livres doivent être commentés sur un espace personnel public : blog, chaîne youtube, instagram… Cet espace est ouvert à tous ceux qui n’ont pas de blog pour publier (demande en commentaire).

* tous les livres parus entre mi-août et fin octobre sont acceptés, donc bien sûr la littérature jeunesse.

* N’hésitez pas à partager dès maintenant vos présélections, vos piles à lire et vos billets, ici et sur le groupe facebook du challenge !

* Inscriptions tout au long du challenge

* Merci de mettre le logo et/ou le lien dans vos articles participants, afin qu’on repère plus facilement les livres!

* Il faudra aussi venir donner vos liens, dans le formulaire dédié -juste ici- au Challenge Rentrée littéraire 2017

Pour s'inscrire déposez un commentaire au bas de l'article chez Sophie Hérisson c'est ici

jeudi 3 août 2017

Il fera jour ce soir - Christophe Maris

Il fera jour ce soir     -   Christophe Maris


Il fera jour ce soir

Editions Pierre Philippe
Pages : 210
Parution : 03 juin 2017
ISBN : 9782940602025
Prix : 18 euros

Présentation de l'éditeur


Anna Schönberg, jeune étudiante en lettres, promise à une brillante carrière, vient de se suicider. Un fait qui aurait pu être vite classé et oublié, si Christelle Lecarrer, jeune commissaire de police, pugnace, agile et gracile n'avait pas décidé d'enquêter. Des éléments s'opposent et ne cadrent pas, aussi Lecarrer ne va pas hésiter à fouiller dans les profondeurs du passé, derrière les non-dits des uns des autres afin de rétablir une vérité qu'elle redoute. Les personnages sont troubles et le jeu de piste dessine un univers sordide pour ne pas dire innommable. Quel était donc le lourd secret d'Anna ? Et cet oxymore « Il fera jour ce soir » qu'elle laisse à son bien aimé ? Dans ce roman, Christophe MARIS se joue de toute complaisance et déjoue les codes de la bonne société, jongle avec les non-dits et renvoie le lecteur aux faces cachées de la Shoah. Des allers-retours entre passé et présent pour regarder l'avenir avec plus de sagesse.



L'auteur

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Christophe MARIS est à la fois journaliste et écrivain. Il a collaboré à plusieurs émissions de télévision et radio. Il a été concepteur et coproducteur de magazines pour l'enseignement ; enseignement où il a aussi œuvré pendant plus d'une quinzaine d'années en qualité de professeur de lettres, d'histoire et de communication. Il est aussi chroniqueur médias à ses heures. Il a publié à ce jour plus d'une douzaine d'ouvrages dont son cher journal depuis 2000. En 2010, il a fondé son cabinet de conseil en stratégie de communication MARIS Conseil et dispense des formations à la communication, l'expression auprès d'entreprises et de grandes écoles. www.maris-conseil.com


Mon avis

Julien est étudiant en lettres à Lille. Il rentre de cours et retrouve Anna Schoonberg sa compagne, étudiante comme lui, dans un bain de sang dans la baignoire, une boulette de papier froissée dans la main contenant l'inscription "Il fera jour demain".

Cela ressemble à un suicide mais cela intrigue la jeune Christelle Lecarrer, inspecteur. Elle a l'intuition qu'il s'agit d'autre chose et va mener son enquête.  Elle veut connaître la véritable raison de cet acte.

L'enquête est officieuse mais très vite, elle se rend compte qu'il faut creuser.  Anna se rendait à Paris pour des cours de chant qu'elle n'a jamais pris.  Dans son portefeuille une mystérieuse clé portant le numéro 386 est trouvée.  A quoi correspond cette clé ?

La famille d'Anna est juive, détient des filatures et veut aussi connaître la raison de la disparition d'Anna.

C'est une enquête passionnante, remontant dans l'Histoire avec un H majuscule.  J'ai vraiment apprécié ce récit, l'enquête se mèle à la vie privée de l'inspecteur Lecarrer.

Nous avons tous une partie sombre, un mystère.  Même si j'ai rapidement compris où l'auteur nous menait, ce fut un réel bon moment de lecture.  Une écriture dynamique, beaucoup de dialogues, du mystère.  Une belle découverte, un bon moment.

C'est volontairement que je ne vous en dis pas plus.  Belle lecture à vous.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases


A force d'observer et d'écouter les gens, on finit par distinguer doucement leur âme.


Ma fille a fouillé, s'est intéressée à un passé que j'ai toujours voulu ignorer. Elle a eu le courage d'affronter des démons que je fuis depuis soixante-dix ans.


Le fait que David baptise sa propre fille du même prénom que sa soeur, les toucha. Sans se le dire, simplement par le regard, ils comprenaient toute la fragilité du sens du mot "équilibre". Chaque jour était une mort, chaque nuit pouvait devenir une vie.


Notre passé finit toujours par nous rattraper pour mieux nous dévorer.

mardi 1 août 2017

Bilan de lecture de juillet

Bilan de lecture de juillet

Juillet est synonyme pour beaucoup de temps des vacances, ce fut le cas pour mois aussi et par conséquent pas mal de lectures avant la préparation de la rentrée littéraire.

Mes billets sont écrits mais pas encore tous publiés.

En cliquant sur la couverture de "Maudit Printemps" et "Le festin du lézard", vous aurez accès à mon billet publié.  Les autres suivent patience.

















13 lectures, en route maintenant pour la rentrée littéraire.

dimanche 30 juillet 2017

Le festin du lézard - Florence Herrlemann

Le festin du lézard   -  Florence Herrlemann

couverture Le Festin du Lézard



Antigone 14
Parution : 10 avril 2016
PRIX public TTC : 12,80 €
Format : 14 x 21 x 1,3
Nombre de pages : 160
ISBN : 978-2-37233-034-3


Présentation de l'éditeur


La nuit est tombée sur la grande et mystérieuse maison. Au fond du parc, la lourde grille reste obstinément femée sur l'autre monde. De la salle à manger montent des voix. Avec son fidèle Léo, Isabelle se prépare à descendre dîner. Tout semble normal.

Normal ? Pas si sûr...

Très vite, le doute s'installe : qui sont-ils, cette Mère qui terrorise Isabelle et règne sans partage sur ce monde comme replié sur lui-même ? ce Léo, qui jamais ne parle, ni ne répond ? ces visiteurs, dont Isabelle semble tant redouter la présence ? Et pourquoi ces barreaux, aux fenêtres de sa chambre ? Qui donc est Isabelle ?

Dans cette fresque allégorique de l'écrasement et de la toute-puissance matricielle, Isabelle raconte, se raconte : les mots sont sa nomination du monde, sa revanche, sa seule et dérisoire forteresse... Des mots qu'elle lance comme un S.O.S., des mots que l'on reçoit comme une pierre dissimulée dans une boule de neige...

Le Festin du Lézard : un texte lumineux comme un ciel d'orage, onirique et poignant.

L'autrice

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Née à Marseille, Florence navigue entre Lyon, où elle vit, et Paris, où elle travaille. Premier bain artistique à 15 ans à Nice, avec trois ans de cours de théâtre. Plus tard, à Paris, ses rencontres avec de nombreux artistes lui permettent de "toucher" à la musique et à la sculpture avant de décider, en 2003, de passer derrière la caméra. Elle réalisera, entre autres, un film de sensibilisation à l'enfance maltraitée, diffusé par le Ministère de la Famille.

Le Festin du Lézard est son premier roman.

Source : Antigone14


Mon avis

Merci à Denis Arnoud d'avoir parlé de cette petite pépite et de m'avoir donné l'envie de la lire.

Un livre qui se mérite car il n'est pas simple d'accès. Un livre qui déstabilise à plusieurs reprises.
J'ai dû trouver le bon moment de lecture.

C'est étrange, déstabilisant au départ mais l'écriture est tellement belle que l'envie de le continuer est plus forte, envoûtée par ces mots tellement bien choisis.  Waouh ! Quelle force, quelle belle découverte.

C'est un huis-clos auquel Florence Herrlemann nous invite dans son premier roman.

Une grande maison mystérieuse dans laquelle vit Isabelle depuis plus de vingt-cinq ans.  Elle y vit avec sa mère qu'elle hait plus que tout, elle la hait de l'avoir mise au monde.  Toutes les portes de la maison sont fermées à clé et c'est celle qu'elle ne nomme jamais autrement que Mère qui les détient toutes.  Mère terrorise Isabelle, c'est la domination, l'emprise totale, l'enfermement qui est au centre du récit.  Le père et le frère sont peu présents et ont renoncé à quoi que ce soit.

Isabelle parle à Léo qui l'accompagne toujours, qui est son témoin.  Il ne répond jamais. Lorsqu'elle s'adresse à lui c'est toujours par le vouvoiement.

Isabelle craint les visiteurs; Bergère, Simone Lintruse, le docteur Marcelline, la soeur Marcelline... mais pourquoi redoute-t-elle ces présences ?  Et pourquoi ces barreaux aux fenêtres ?

Isabelle parle, raconte, elle semble par moment si seule, si perdue, diabolique à d'autres, y-a-t-il quelqu'un qui la voit ?  Elle a parfois le sentiment de ne pas exister.

J'ai parfois été déstabilisée, eu l'impression de perdre pied, ce roman déroute, on entre dans un monde onirique.

Un premier roman exceptionnel par la qualité de l'écriture.  Un roman à plusieurs pistes et interprétations possibles.  Une chose est certaine c'est qu'il ne vous laissera pas indifférent et que l'on n'en sort pas indemne.

Eloge de la folie, de l'enfermement, écrasement, domination, ode à la parole, cri de désespoir, à vous de choisir votre degré de lecture.

Bravo et encore merci à Maître Hibou.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

L'être humain est une machine à pensées.  Il en produit tout le temps, sans jamais s'arrêter et cela bien malgré lui.

Il y a des jours que l'on voudrait retenir, mais le soir pousse fort pour prendre sa place, alors il s'en va, le jour, ils s'en vont tous.

samedi 29 juillet 2017

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire - spécial rentrée littéraire

Ils ont rejoint mon Himalaya à lire - Spécial rentrée littéraire





Ben voilà c'est parti, voici les derniers arrivés dans ma PAL avec mes partenaires préférés que je remercie vivement.

Merci aux Editions Gallimard, L'arpenteur et Babelio pour :

Survivre  -  Frederika Amalia Finkelstein


Gallimard
L'arpenteur
Parution prévue le 17/08/2017
144 pages
ISBN : 9782072741241
Prix : 14.00€

Présentation de l'éditeur

«Le soir du 13 novembre, j’ai compris que la guerre pouvait éclater en bas de chez moi – une forme inouïe de guerre. La peur et la méfiance sont devenues normales : je vis en attendant le prochain attentat.

Le soir du 13 novembre, ma génération s’en est prise à elle-même : les assassins avaient le même âge que les assassinés.

Survivre est un hommage à cette génération, née avec les écrans, ultraconnectée, et pourtant en proie à une immense solitude. 

Nous voulons être libres : parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.» 

Frederika Amalia Finkelstein.

Chez Luce Wilquin

La ferme (vue de nuit)  -  Anne-Frédérique Rochat

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Luce Wilquin
Collection Sméraldine
Parution : 18 août 2017
208 pages
Isbn  9782882535351
Prix : 20.00€

Présentation de l'éditeur

En réalité, la ferme n'avait rien d'une ferme, sauf peut-être l'éloignement, la campagne, le silence. Sous un soleil de plomb, Annie monte un interminable escalier pour aller retrouver l'homme avec qui elle a vécu sa première grande histoire d'amour. Mais est-il seulement possible de reprendre le fil là où il s'est cassé, de passer par-dessus les blessures, d'oublier les rancoeurs ? Dans la chaleur étouffante de l'été, Annie continue d'avancer, marche après marche, un pied devant l'autre, dans des sandales trop étroites, pour rejoindre cet homme dans sa curieuse maison, faite de grandes baies vitrées et de stores automatiques. Que pensera-t-il en la voyant ? La trouvera-t-il vieillie après toutes ces années ? Remarquera-t-il qu'elle n'est plus la même, plus la petite Annie d'autrefois ? Et s'il ne la reconnaissait pas ?

Eclipse  - Françoise Houdart


Luce Wilquin
Collection Sméraldine
Parution : 15/09/2017
176 pages
ISBN : 9782882535368
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur

L'éclipse est à présent totale. Il est un peu plus de quatre heures du matin, et le spectacle est grandiose. Lune rouge, lune de sang. C'est un peu troublé que Sacha regagne son appartement au troisième étage de son immeuble. Le jour se lève déjà. Le silence qui l'accueille dans le hall d'entrée a une étrange résonance. L'intuition du vide lui saccage le souffle. Il pénètre sans bruit dans la chambre où il avait laissé Mado, sa femme, avant de descendre sur l'esplanade pour jouir du spectacle de l'éclipse. Mado n'est pas dans le lit. Il traverse l'appartement, appelle: Allez, montre-toi, Mado... Mais elle ne répond pas. Rien ne manque à l'ordonnance du quotidien. Rien, sauf Mado. Tétrade... Lune pourpre... Éclipse... Dans ce dix-huitième roman, Françoise Houdart sonde les mystérieux rapports qui mêlent aux fantasmes les plus déconcertants les cycles lunaires et la fécondité.


Le jour est aussi une colère blanche    -  Eric Brucher


Luce Wilquin 
Collection Euphémie
Parution : 15/09/2017
144 pages
ISBN : 9782882535399
Prix : 15.00€

Présentation de l'éditeur

Il y a des tagueurs, des apprentis djihadistes, des skateurs, des slameurs (une slameuse), des clameurs (une clameuse), des potagistes, des prophètes (un prophète), des calligraphes, des taulards (un), des laveurs de vitres (un aussi). Tous à leur manière des révoltés, porteurs d'énergie pour vivre et sortir des enfermements. Un chant choral habité d'espoir parfois fugace ou vain, parfois grandiose et magnifique. Ou comme une sédition tonique et poétique: chercher l'invention d'une langue neuve, parole pour exister et dire ce que portent les coeurs. Des nouvelles urbaines, emplies de vitalité, de fureur et de lumière.

Chez Mercure de France

Qui ne dit mot consent   -  Alma Brami


Gallimard
Mercure de France
Collection La Bleue
Parution : le 24/08/2017
176 pages
ISBN : 978-2-7152-4535-8
Prix : 16,80 €

Présentation de l'éditeur

Emilie a suivi son mari à la campagne quand les enfants étaient encore petits, depuis ils ont grandi et quitté la maison. Dehors, il y a une vigne qui donne des raisins, il y a aussi une table en bois, des chaises, un banc, pour les petits-déjeuners copieux, il y a des tommettes rouges dans le salon, un grand escalier qui mène à l'étage, et à l'étage, une chambre d'ami.

Chaque famille a ses secrets.

Que se passe-t-il dans cette maison au bout de la route du grand chêne?

Dans ce terrible huis-clos, Alma Brami dresse brillamment le portrait d'une femme meurtrie pour qui le couple est devenu un piège.

Alma Brami vit à Hong Kong. Qui ne dit mot consent est son septième roman.


Une fille, au bois dormant     -   Anne-Sophie Monglon


Gallimard
Mercure de France
Collection La Bleue
Parution : 31/08/2017
192 pages
ISBN : 978-2-7152-4529-7
Prix : 17.00€

Présentation de l'éditeur

Ton sommeil c’est d’abord ça, la tentation d’être ailleurs, l’obsession par moments, à d’autres la dispersion, l’engagement comme un mot abstrait, le voyage dans le passé, le futur, le vague, le refuge dans la forêt.

Lorsque Bérénice Barbaret Duchamp, 33 ans, cadre dans une grande entreprise de communication, rentre de congé maternité, elle sent qu’on la regarde différemment. En son absence, des changements notables ont eu lieu. Progressivement elle est mise à l’écart.

Bérénice, qui n’a jamais cherché à être en première ligne ou dans la lumière, aurait tendance à accepter la situation, comme anesthésiée. Mais son mari et son amie Clara la secouent : elle doit se battre ! À la faveur d’un stage de développement personnel – « placer sa voix pour trouver sa voie » –, elle se lie d’amitié avec Guillaume, le formateur musicien. Chez le jeune homme, elle décèle un possible alter ego. Cette rencontre, conjuguée avec les sollicitations toujours plus urgentes de son nourrisson, lui donnera peut-être la volonté de se réveiller.

Avec ce premier roman, Anne-Sophie Monglon peint la trajectoire d’une femme moderne confrontée à la violence du monde du travail, qui tente de se réapproprier sa propre vie et de lui donner un sens.

Chez Grasset

Tous les âges me diront bienheureuse   -  Emmanuelle Caron

1er roman

Tous les âges me diront bienheureuse

Grasset
Littérature française
Parution : 23/08/2017
272 pages
ISBN 9782246813620
Prix : 19.00 €

Présentation de l'éditeur

Qui est Ilona Serginski ? Qui est cette vieille femme, que sa petite fille, Eva, croit si bien connaître, et qui vit recluse dans une maison de retraite bretonne ? Aux portes de la mort, Ilona se met à parler une langue inconnue et réclame un prêtre pour confesser les crimes d’une existence dont il apparaît soudain que personne n’a démêlé les secrets. D’où vient-elle vraiment, quelle est son histoire ?

Pour y répondre, il faudra plonger dans les replis de la tragédie russe et soviétique, et suivre la lignée d’Ilona, depuis les remous de la guerre civile en 1917, jusqu’à aujourd’hui.

Traversant tous les âges, Ilona sera tour à tour la fille adorée d’un assassin, l’idole prostituée d’un ogre mafieux et la mère sacrifiée d’une enfant trop brillante. Ce premier roman dévoile le destin d’une femme, emblème de son siècle passionné et violent.

Minuit, Montmartre     -   Julien Delmaire

Minuit, Montmartre

Grasset
Littératre française
Parution : 23/08/2017
224 pages
ISBN : 9782246813156
Prix : 18.00€

Présentation de l'éditeur

Montmartre, 1909. Masseïda, une jeune femme noire, erre dans les ruelles de la Butte. Désespérée, elle frappe à la porte de l’atelier d’un peintre. Un vieil homme, Théophile Alexandre Steinlen, l’accueille. Elle devient son modèle, sa confidente et son dernier amour. Mais la Belle Époque s’achève. La guerre assombrit l’horizon et le passé de la jeune femme, soudain, resurgit…

Minuit, Montmartre s’inspire d’un épisode méconnu de la vie de Steinlen, le dessinateur de la célèbre affiche du Chat Noir. On y rencontre Apollinaire, Picasso, Félix Fénéon, Aristide Bruant ou encore la Goulue… Mais aussi les anarchistes, les filles de nuit et les marginaux que la syphilis et l’absinthe tuent aussi sûrement que la guerre.

Ce roman poétique, d’une intense sensualité, rend hommage au temps de la bohème et déploie le charme mystérieux d’un conte.

Demain sans toi    -  Baird Harper

Demain sans toi

Grasset
Collection : En lettres d'ancre
Traduit par Brice Matthieussent
Parution : 30/08/2017
288 pages
ISBN : 9782246813262
Prix : 19.50 €

Présentation de l'éditeur

Devant le pénitencier de Grassland près de Chicago, un homme attend. Il guette la sortie de Hartley Nolan, emprisonné depuis quatre ans pour homicide involontaire. Par sa faute, une jeune femme, Sonia, avait trouvé la mort dans un tragique accident de voiture. Une onde de choc avait alors traversé les deux familles, celle de la victime et celle du coupable. Et l’ancien golden boy au destin brisé n’a peut-être pas fini de payer sa dette, car l’homme qui l’attend occupait une place particulière dans la vie de Sonia… Mais quand la libération de Hartley est repoussée de vingt-quatre heures, toutes les cartes sont rebattues.

En onze chapitres qui se lisent comme autant de nouvelles, Baird Harper livre une magistrale variation sur la famille. L’histoire de deux clans frappés par le deuil et la culpabilité est au cœur d’un roman où le suspense va de pair avec une vision subtile de ce qui se joue quand nos existences basculent.

Chez Rouergue

Les attachants   -  Rachel Corenblit


Rouergue
La Brune
Parution : 16/08/2017
192 pages
ISBN : 978-2-8126-1436-1
Prix : 18.00€

Présentation de l'éditeur

Durant une année, le quotidien d’une jeune enseignante de primaire, Emma, nommée dans d'un quartier populaire, confrontée à des enfants en grandes difficultés scolaire, affective, sociale. Elle s’attache notamment à Ryan, un garçon dont on va progressivement découvrir la maltraitance. Un roman d’une grande force, à la fois émouvant et politique, dans le meilleur sens du terme : quelle école et quelle société voulons-nous pour nos enfants ? Rachel Corenblit a été enseignante en primaire puis formatrice d’enseignants pendant dix-huit ans. Elle s’est inspirée de son expérience professionnelle pour écrire ce roman.

Encore vivant    - Pierre Souchon

Premier récit

Rouergue
La Brune
Parution : le 16/08/2017
256 pages
ISBN : 978-2-8126-1434-7
Prix : 19.00€

Présentation de l'éditeur

Alors qu’il vient de se marier avec une jeune femme de la grande bourgeoisie, l’auteur, bipolaire en grave crise maniaco-dépressive, est emmené en hôpital psychiatrique. Enfermé une nouvelle fois, il nous plonge au cœur de l’humanité de chacun, et son regard se porte avec la même acuité sur les internés, sur le monde paysan dont il est issu ou sur le milieu de la grande bourgeoisie auquel il se frotte. Il est rare de lire des pages aussi fortes sur la maladie psychiatrique, vue de l’intérieur de celui qui la vit. Ce récit autographique est le premier livre publié par Pierre Souchon, journaliste au Monde diplomatique et à L’Humanité.


En dehors de la rentrée littéraire, je me suis fait un autre plaisir en Poche

Silo   - Origines     -   Hugh Howey

Silo : Origines (Silo, Tome 2)

Actes Sud 2014
Le livre de Poche 34326
Parution : 16/11/2016
Traduit Laure Manceau
704 pages
ISBN : 9782253133063
Prix : 8.60 €

Présentation de l'éditeur


En 2049, le monde est encore tel que nous le connaissons, mais le temps est compté. Seuls une poignée de potentats savent ce que l'avenir réserve. Ils s'y préparent. Ils essaient de nous en protéger. Ils vont nous engager sur une voie sans retour. Une voie qui mènera à la destruction ; une voie qui nous conduira sous terre. L'histoire du silo est sur le point de débuter. Notre avenir commence demain.
Voici le deuxième volet - qui en constitue également le préquel - de la trilogie postapocalyptique Silo, véritable phénomène éditorial deveni best-seller international.

Un ouvrage complexe et passionnant. On y découvre avec horreur l'univers que l'on avait fait qu'effleurer dans le premier tome. Une des meilleures séries du genre. Les-mondes-imaginaires.com


Voici encore de quoi allonger ma PAL avant la rentrée....

vendredi 28 juillet 2017

Hello de la planète Zèbres - Sam B Sam

Hello de la planète Zèbres.

Sam B Sam




Lilys Editions
Pages : 140
ISBN: 978-29308482-11
Prix : 11 €

Présentation de l'éditeur



Max est un enfant différent, une entité ressemblant aux autres sans vraiment appartenir à la norme.

Il ressent, beaucoup. Il pense, tout le temps. Il essaie de comprendre le monde qui l’entoure, sans jamais s’arrêter.

L’isolement dû à sa différence inquiète et débouchera sur une dénomination imagée mais tellement appropriée : il est un zèbre.

Malgré ses déboires, ce pré-adolescent s’accroche et retire de son expérience et de ses rencontres les éléments positifs sur lesquels il pourra bâtir son futur….

« Hello de la planète Zèbres » est le récit brut de Sam.B.Sam, un journal de bord, un journal intime voyageant dans le mal être de cet enfant de dix ans perdu dans le monde d’aujourd’hui qui nous formate et nous pousse à entrer dans des cases prédéfinies.

Mon avis

Il a 10 ans, il est HP et souvent incompris par ses camarades de classe.  Il n'a pas bien vécu les choses avant de savoir en passant les tests qu'il était HP (Haut-Potentiel) et que son mode de fonctionnement est différent des autres. Alors est venu le moment d'écrire un roman pour raconter aux autres et leur permettre de comprendre.

Max a 10 ans, il n'aime pas l'école.  Il se réfugie souvent dans le silence, s'isole, il en a besoin.  Ses copains disent de lui qu'il est asocial, autiste, anormal.  Ce n'est pas agréable d'entendre cela toute la journée à l'école !

Ses petits bonheurs : manger, dormir et être en famille.  Il a de belles valeurs, un sens de la justice et de l'injustice exacerbé.  Son cerveau jamais ne s'arrête, il pense tout le temps.

Un jour ses parents décident de lui faire passer des tests, il voit un psy, il est mort de trouille au début, la peur de l'inconnu mais très vite on lui explique ce qu'est un "zèbre" (autre terminologie d'HP), comment il fonctionne et petit à petit les choses deviennent un peu plus faciles.

Alors que vous soyez parents, enseignants, ados ou peu importe, je vous engage à lire ce premier roman de l'auteur en herbe le plus jeune de Wallonie.  C'est vraiment agréable à lire, cela permettra à beaucoup de comprendre comment fonctionnent les "zèbres".

Et bravo aux éditions Lilys d'avoir "osé" cette parution car elle peut vraiment être utile pour beaucoup de zèbres qui s'ignorent.

Ma note : 9.5/10


J'ai un zèbre à la maison et voici ce qu'il m'a dit à la fin de la lecture :  "Maman c'est tout à fait moi avant"  cela veut tout dire



Les jolies phrases


Je suis heureux parce que comme je dis ; "rendre heureux rend heureux"

Il ne faut pas vivre au passé ou au futur, il faut savourer l'instant présent que la vie nous offre, car cela pourrait être le dernier.

vendredi 21 juillet 2017

Maudit printemps - Antonio Manzini

Maudit printemps

Antonio Manzini





Denoël
304 pages
155 x 225 mm 
Trad. de l'italien par Samuel Sfez
ISBN : 9782207133705
Collection Sueurs Froides
Parution : 04-05-2017


Présentation de l'éditeur


Chiara Breguet, héritière d’une riche famille d’industriels du Val d’Aoste, étudiante brillante admirée de ses pairs, n’a plus donné de ses nouvelles depuis plusieurs jours. Persuadé que cette disparition est inquiétante, Rocco Schiavone se lance dans une course contre la montre pour sauver la jeune femme et découvrir ce que dissimule la façade impeccable de ce milieu nanti. Pendant ce temps, la neige tombe sur Aoste en plein mois de mai, et cette météo détraquée ne fait qu’exacerber la mauvaise humeur légendaire de Rocco.


L'auteur

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Antonio Manzini, né le 7 août 1964 à Rome, est un acteur, un réalisateur, un scénariste et un écrivain italien. Comme auteur de roman policier, il est notamment connu pour sa série de romans consacrés au commissaire Rocco Schiavone.

Antonio Manzini grandit à  Rome. Il suit les cours de l’Académie nationale d'art dramatique de la ville et débute comme acteur au théâtre.

À la fin des années 1990, après s’être essayé à la réalisation, il prolonge sa carrière d’acteur à la télévision et au cinéma, s’imposant notamment dans plusieurs séries télévisées à succès en Italie. En 2004, il écrit avec Niccolò Ammaniti le scénario du giallo Il siero della vanità d'Alex Infascelli, travail qui marque le début de sa carrière d’écrivain et de scénariste.

Il publie en 2005 son premier roman, Sangue marcio. En 2008, il collabore à nouveau avec Ammaniti pour l’adaptation de son roman Comme Dieu le veut (Come Dio comanda) pour le cinéma qui devient sous la caméra de Gabriele Salvatores le film Come Dio comanda (film) (it). En 2013, il participe à l’écriture du scénario de la comédie I 2 soliti idioti (it) d'Enrico Lando (it). Il signe également plusieurs épisodes de séries télévisées

La même année, il imagine le personnage de Rocco Schiavone dans le roman policier Piste noire (Pista nera). Commissaire (ou sous-préfet) de police à Rome, il est sanctionné et muté à  Champoluc, un village de montagne situé dans la  vallée d'Aoste. Pour sa première enquête, il doit résoudre le meurtre d’un homme inconnu retrouvé écrasé sous une dameuse. Succès critique et public en Italie, ce livre marque le début de plusieurs romans consacrés aux aventures de Schiavone.

En France, ce premier titre est traduit par les éditions Denoël dans la collection Sueurs froides en 2015.

Source Wikipedia

Mon avis

Antonio Manzini est devenu une référence dans son genre en Italie, il cartonne avec plus d'un million de livres vendus.

J'avais lu le premier de la série Piste Noire dont je garde un excellent souvenir.  C'est déjà le troisième opus des enquêtes du sous-préfet "Rocco Scavione".  On retrouve les personnages, son équipe de "bras-cassés" avec plaisir mais je vous rassure il n'est pas indispensable d'avoir lu les précédents.

Une camionnette aux plaques volées sort de route, deux corps sont trouvés.  Rocco Scavione va mener l'enquête.  Entre temps, Giovanna, une amie de Chiara Breguet donne l'alerte de la disparition de celle-ci.  Chiara est fille de riches industriels de la région, Rocco s'inquiète que les parents n'aient rien signalé, c'est suspect ...  Il va mener de front cette enquête.

L'action se situe au Val d'Aoste, petite ville de 40.000 habitants, esprit bien différent de Rome, Rocco l'apprendra bien vite au sujet de sa vie sentimentale.... Tout ce sait, c'est comme un village ici.

Dans cette affaire, tout s'entremêle, dans la narration aussi.  On passe de la vie quotidienne amoureuse de Rocco, aux réflexions émises par les différents protagonistes qui se retrouvent dans le roman.  C'est un peu déstabilisant au départ mais c'est très intéressant comme écriture.  On s'habitue très vite de passer d'un personnage à l'autre, et on trouve rapidement le fil conducteur, les choses se mettent en place.  Le livre est découpé en chapitres qui sont en fait les différents jours de la semaine.

C'est vivant, très dialogué.  Rocco Schavione a ses méthodes bien personnelles pour y arriver, pas toujours très "catholiques" mais il est efficace, il va à l'essentiel.

Suspense, mafia, argent, rebondissements jusqu'au bout, une écriture originale que je vous recommande.

J'ai d'ailleurs une grande envie de rattraper le tome 2 "Froid comme la mort" que j'avais loupé.

Merci aux éditions Denoël de m'avoir proposé cette lecture, j'ai vraiment passé un bon moment.

Ma note  :  9/10

Les jolies phrases

C'est l'absence qui fait mal ? Non.  C'est la perte qui fait mal.  C'est autre chose que l'absence. La perte sait ce qu'elle a perdu.  L'absence, ça peut être une sensation vague, une émotion sans corps et sans son de quelque chose qui manque, que je n'ai pas, mais je ne sais pas ce que c'est.  La perte, c'est ce que j'éprouve, parce que je sais.  Et c'est pire que l'absence.  Car ce que je connaissais, ce que je tenais entre mes doigts n'est plus.  Ne sera plus.  C'est la même différence qu'il y a entre Ray Charles et Stevie Wonder. Stevie est aveugle de naissance, Ray l'est devenu.  Ray sait ce que c'est que de voir, Stevie non.  Ray a éprouvé la perte. Stevie l'absence. Stevie est mieux loti que Ray. J'en mettrais ma main au feu.

- Tu te rappelles cette phrase ?  Le désir d'une personne est immortel.
- Mais si tu le combles, il disparaît. Avec le besoin de cette personne.

Les souvenirs s'en vont, mon amour. Jour après jour. Tu ne t'en aperçois peut-être pas, mais ils s'en vont.  Les beaux comme les terribles.  La nuit les avale, et ils vont se mélanger aux souvenirs des autres. Tu ne les retrouves plus, même si tu essaies.  Jusqu'à ce que tu deviennes toi-même un souvenir.



Dans la même série :

Mon billet en cliquant sur la couverture.