mercredi 18 octobre 2017

Québec en novembre

Québec en novembre


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C'est la sixième année que Karine et Yueyin organisent "Québec en novembre" , j'ai participé l'an dernier , j'ai apprécié et je vais retenter le challenge cette année.

Objectif : faire des découvertes de littératures québécoises.

Je laisse une des organisatrices , Karine du blog "Mon coin lecture" vous en parler.  Avec l'aide de Yueyin "Chroniques de lecture" elle nous propose ce joli rendez-vous.







Il suffit de nous parler d’un livre québécois ou d’un élément de la culture québécoise pendant le mois de novembre. Sur votre blog, sur votre chaîne YouTube, sur le groupe facebook.. bref, n’importe où, pourvu que vous en parliez! C’est qu’il y a vraiment du bon et de l’original dans la littérature de chez nous!



Sur Twitter et Insta, vous pouvez utiliser le mot-clic #QuébecEnNovembre et vous pouvez toujours nous rejoindre sur le Groupe Facebook. On a prévu une lecture commune de Réjean Ducharme, disparu depuis peu… mais tout ça reste à peaufiner.  (toute l'actu est sur la page FB) A vous de proposer des LC et  des lectures thématiques.

Du coup, si vous avez récemment eu des coups de coeur en littérature québécoise, partagez, donnez-nous envie!

Besoin d’idées? De fournisseurs? Sur leslibraires.ca, vous trouverez pas mal de choses en papier et en numérique. Il y a aussi la Librairie du Québec à Paris et la librairie Tulitu en Belgique qui peuvent vous servir de pushers de livres!

Pour les idées, regardez en haut… il y a ma section « littérature québécoise » et les récaps des autres années pour Québec en novembre. J’ai aussi fait quelques vidéos avec mes favoris… bref, il y a de quoi faire!

J'ai encore du stock à la maison et quelques idées de lectures à partager avec vous.  J'espère vous y retrouver nombreux et nombreuses.

En route pour de belles découvertes.  Merci  à Karine et à Yueyin .





mardi 17 octobre 2017

Bakhita - Véronique Olmi ♥♥♥♥♥

Bakhita       Véronique Olmi

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Albin Michel
Parution : 23/08/2017
464 pages
EAN13 : 9782226393227
Prix : 22.90 €

Présentation de l'éditeur

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.


Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.
Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

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Véronique Olmi nous en parle




Mon avis

Véronique Olmi nous conte l'histoire bouleversante de Bakhita.  Une femme au destin incroyable.

Née en 1869, elle a 7 ans lorsqu'elle est razziée dans son village natal du Soudan.  Elle est enlevée par des négriers musulmans.  Elle devra endurer l'insupportable, trouvera une énergie et une force pour vivre incroyables.  Imaginez, mais c'est presque inimaginable, des conditions de vie innommables, l'isolement, la crasse, la peur, la douleur, les longues marches attachée aux fers.  Garder l'espoir grâce à Binah, sa compagne de misère avec qui elle sera vendue.  L'espoir par la fuite, l'espoir de retrouver sa soeur Kishmet vendue bien avant elle...

Les coups, la souffrance..  L'arrivée au harem.  Elle a moins de douze ans, sort à peine de l'enfance et a déjà tout enduré : torture, scarification, abus et violence, elle a vu des soeurs mourir, périr de souffrances abominables.

Vendue pour la cinquième fois à un consul italien, cette rencontre décisive va changer sa vie et la mener en Italie.

Bakhita c'est le don pour l'autre, elle a une compassion sans faille, elle rencontrera Stefano qui veut l'adopter, lui donner une éducation.  Elle ira étudier chez les soeurs Cannassiennes de Venise, elle y rencontrera la foi, "l'illumination".

Celle que l'on nommera "La Moretta" accepte son sort, elle donnera sa vie à Dieu et aux autres.  Tour à tour esclave, captive, domestique, religieuse et sainte.

Un destin hors du commun qui nous parle de l'esclavage, de la société, de l'Histoire majuscule avant l'avènement du fascisme, du Duce, des guerres mondiales.

Une plume magnifique, un récit qui se partage en deux parties : Le Soudan, l'enfance et les horreurs subies par la fillette dans le monde de l'esclavagisme et son parcours vers la foi, sa vie de religieuse, dévouée toujours aux autres jusqu'à sa sainteté.

L'écriture est poétique même si la noirceur, la violence de la première partie est parfois insoutenable.  La narration est magnifique, une plume très visuelle dégageant énormément d'humanité.  Un récit lumineux.  C'est sans conteste mon troisième gros coup de coeur de cette rentrée.

Coup de coeur ♥♥♥♥♥

Les jolies phrases

Pour qu'une histoire soit merveilleuse, il faut que le début soit terrible, bien sûr, mais que le malheur reste acceptable et que personne n'en sorte sali, ni celle qui raconte, ni ceux qui écoutent.

Il y aura toujours en elle deux personnes : une à la merci de la violence des hommes, et l'autre, étrangement préservée, qui refusera ce sort.  La vie mérite autre chose.  Elle le sait.

Elle ne comprend pas la phrase, elle comprend le sentiment.  Et c'est comme ça que dorénavant elle avancera dans la vie.  Reliée aux autres par l'intuition, ce qui émane d'eux elle le sentira par la voix, le pas, le regard, un geste parfois.

C'était un mystère et un espoir, c'était surtout une envie de vivre encore, l'interstice par lequel passe la dernière force humaine, avec la certitude fulgurante et violente de ne pas être totalement seule.

Pourtant, traitées comme des bêtes, maltraitées par les bêtes, enfermées, piétinées, attachées, leur personnalité, leurs rêves, et même une partie de leur innocence, ce qu'ils sont, demeurent.

La vie était un carnaval aux masques trompeurs, à la joie factice, une fête susceptible de si vite s'interrompre.

C'était un monde clos, peuplé de maîtresses et d'esclaves, toutes vivaient ensemble et toutes étaient captives.

Être nue à Olgossa était aussi naturel que l'herbe dans le vent, être vêtue d'un simple pagne dans la maison du maître est une honte permanente.

Bakhita comprend qu'on peut tout perdre, sa langue, son village, sa liberté. Mais  pas ce que l'on s'est donné.  On ne perd pas sa mère.  Jamais. C'est un amour aussi fort que la beauté du monde, c'est la beauté du monde.  Elle porte la main à son coeur, et elle pleure, des larmes de consolation. Elle a si peur de la perdre.


Mais elle ne sait pas écrire.  Et tous autour d'elle parlent des langues nouvelles, les mots sont comme les pays sur la carte, changeants et lointains, elle ne peut les relier à aucun des sentiments qui l'habitent, et elle s'isole dans cette incertitude.

L'esclavage ne s'efface pas.  Ce n'est pas une expérience.  Ça n'appartient pas au passé.  Mais si elle a le droit d'être aimée, alors ce jour qui vient est sa récompense.  Elle a marché jusqu'à ce jour.  Elle a marché des années.  Marché jusqu'à el Paron.  Pour ne plus jamais obéir à d'autres ordres, ne plus jamais se prosterner devant d'autres maîtres.

Elle a la force maintenant pour aimer les autres. Maintenant que sa vie est dans des mains plus hautes.

Elle voudrait leur dire comme la vie est rapide, ce n'est qu'une flèche, brûlante et fine, la vie est un seul rassemblement, furieux et miraculeux, on vit on aime et on perd ceux que l'on aime, alors on aime à nouveau et c'est toujours la même personne que l'on cherche à travers toutes les autres.


C'est ma LC avec Julie qui tout comme moi a beaucoup aimé ce récit,  son billet est ici



dimanche 15 octobre 2017

La serpe - Philippe Jaenada



La serpe  -   Philippe Jaeneda

couverture



Julliard Editions
Parution : : 17 Août 2017
Nombre de pages : 648
Prix : 23,00 €
ISBN : 2-260-02939-6


Présentation de l'éditeur


Un matin d'octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n'est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l'unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l'arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d'un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l'enquête abandonnée. Alors que l'opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s'exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.
Jamais le mystère du triple assassinat du château d'Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d'Henri Girard, jusqu'à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu'à ce qu'un écrivain têtu et minutieux s'en mêle...
Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu'Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l'inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu'il n'y paraît), il s'est plongé dans les archives, a reconstitué l'enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l'issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.


L'auteur nous en parle




Mon avis

C'est pas faute d'avoir essayé, je viens de refaire une tentative et je bloque à l'écriture. 

Trop de digressions à mon goût, j'aime beaucoup l'humour de l'auteur et c'est ce qui m'a fait tenir jusqu'à la page 160. Le problème c'est que je me demande où se trouve l'histoire... noyée par trop de détails qui n'ont rien à voir avec elle.

J'étais motivée, j'avais envie de découvrir la plume de Philipe Jaenada, envie de le rencontrer à LLN la semaine prochaine... 

Peut-être aurais-je dû commencer par "La petite femelle" dont j'ai entendu tant de bien.   Peut-être avais-je trop d'attentes ?   La magie ne prend pas avec moi  et  il y a tellement de choses à lire que je n'ai pas envie de me forcer. Suis restée un quart d'heure sur deux pages, n'arrivant pas à me concentrer.... La lecture doit rester un plaisir, je jette le gant.


Grosse déception. Un premier gros flop cette année.


Et vous qu'en avez-vous pensé ?  


samedi 14 octobre 2017

La ballade de l'enfant gris - Baptiste Beaulieu

La ballade de l'enfant gris      Baptiste Beaulieu


 La ballade de l'enfant-gris

Mazarine Editions
Parution : 28/09/2016
EAN : 9782863744444
EAN numérique: 9782863745335
Pages : 416
Prix : 18 €

Présentation de l'éditeur

C’est l’histoire de Jo’, jeune interne en pédiatrie à la personnalité fantasque, à qui tout sourit.
C’est l’histoire de No’, un petit garçon de sept ans attachant et joueur, qui est atteint d’un mal incurable et ne comprend pas pourquoi sa maman ne vient pas plus souvent le voir à l’hôpital.
C’est l’histoire de Maria, une mère secrète, qui disparaît à l’autre bout du monde au lieu de rester au chevet de son fils.
Un matin, dans la chambre de l’enfant, survient un drame qui lie à jamais le destin de ces trois êtres.
Jo’ devra tout quitter pour partir sur les traces de Maria et percer ses mystères.

Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur livre une quête initiatique et poétique, semée de recoins obscurs qui s’illuminent. Un magnifique troisième roman, porté par des personnages profondément humains.

« Docteur et conteur […], Baptiste Beaulieu sait raconter des histoires, faire rire et pleurer, conjuguant la trivialité et le merveilleux, la farce et le lyrisme. »
Astrid de Larminat, Le Figaro littéraire


Médecin généraliste de trente ans, Baptiste Beaulieu est l’auteur d’un premier livre best-seller, Alors voilà : les 1001 vies des Urgences (Fayard 2013 ; Livre de poche 2015), qui a reçu le prix France Culture « Lire dans le Noir » et a été traduit en quatorze langues. Son roman Alors vous ne serez plus jamais triste (Fayard 2015 ; Livre de poche 2016) a reçu le Prix Méditerranée des lycéens 2016. Son blog Alors Voilà, pour réconcilier soignants et soignés, compte plus de six millions de visiteurs.

Mon avis

Un livre qui a beaucoup fait parlé de lui.  Il attendait depuis l'an dernier que ma binôme Julie me le propose en lecture commune.  Quelques jours après la lecture , mes sentiments sont partagés.

Un livre qui nous parle d'un sujet difficile.

Jo est jeune interne. Il rencontre dans le service pédiatrie un petit garçon de sept ans à la peau couleur ardoise.  No (Noah) souffre d'une maladie du sang incurable et sa fin est inéluctable.

No est seul, sa mère le visite très peu, une fois par semaine maximum et tout le monde s'en insurge dans le service.  Jo va s'attacher à l'enfant. Très vite arrive "La déchirure" et No continuera à hanter notre jeune interne.  Il l'accompagnera partout, toujours.  Impossible pour lui de s'en faire quitte, de l'oublier.  Pour y arriver il partira faire un long voyage à la recherche de Maria, la mère.  Il doit à tout prix la retrouver pour lui "rendre" No, pour comprendre.

La construction du récit m'a un peu déstabilisée.  Il y a d'une part un compte à rebours avant "la déchirure" qui alterne avec l'après.

C'est un peu un conte fantastique de par son univers.  Un monde onirique (trop à mon goût) que nous propose Baptiste Beaulieu.  Un monde qui se terminera chambre 33 pour NO, c'est là où le voyage s'achève.  C'est pour Jo un monde ou le ou les mensonge(s) sont présents pour adoucir la triste réalité, les manques de présence, d'amour.  Des mensonges pour apprivoiser la peur, la mort, la déchirure.

Des personnages fantasques, hauts en couleur ; l'infirmière en chef Crinchom à qui Jo et No font des blagues de potache , les deux vieilles italiennes de la pension Lili..  Un univers que j'ai moyennement apprécié mais qui apporte de la légèreté et de l'humour à ce sujet difficile.

Des thèmes comme la difficulté de mettre une distance entre le malade et le médecin, l'amour dans tous les sens du terme (amour au sein du couple, amour maternel, sens profond du verbe aimer)  mais aussi la pression que met la société au rôle de mère et à son instinct maternel, l'acceptation du rôle de mère.

Un voyage initiatique au coeur des émotions, de Paris à Jérusalem en passant par Rome.  Il y a beaucoup de poésie, de sensibilité et d' humanité dans la plume de Baptiste Beaulieu.

Ma note : un peu sévère 8/10

Et voici l'avis de ma binôme Julie que vous retrouvez aussi sur son blog "Les petites lectures de Scarlett"  c'est ici

Les jolies phrases

Le cerveau est comme le coeur : globalement, ce sont des organes capricieux.  Ils fonctionnent 24 heures sur 24, 365 jours sur 365 et pourtant, ils t'abandonnent à l'instant même où tu tombes amoureux.

...la télévision c'est mâcher du chewing-gum avec les yeux.

C'est peut-être ça, la différence entre le bien et le mal.  La vraie beauté de l'être humain : avoir le courage de fixer dans les yeux le monstre tapi au grenier de son palais intérieur.  Le brider sans le flatter, l'accepter sans le nourrir.

Y a des êtres, ils sont miraculeux.  Une caresse.  Un mot. Un sourire.  Et c'est toute votre existence qui devient meilleure.

Pour s'aimer, il faut semer, et Maria avait toujours été d'une patience de jardinier avec nous.

Le bonheur consiste-t-il à aimer les choses comme elles arrivent ?

La vérité, on a toujours le temps de la dire.  Elle ne presse jamais.  Le mensonge, lui est impératif, il bouscule.  Il est urgent.

Une demi-vérité, même légèrement fardée, légèrement amputée d'elle-même, est déjà un mensonge tout entier.  A trop user de la fable, la fable est devenue naturelle, et de naturelle, elle est devenue réelle : il n'a presque plus d'inquiétude pour l'enfant.

La souffrance est un bouton de rose immature, un mot posé sur l'expérience avant qu'elle devienne mûre.



C'est ma LC avec Julie des petites lectures de Scarlett voici son avis



mercredi 11 octobre 2017

Une fille, au bois dormant - Anne-Sophie Monglon

Une fille, au bois dormant          

Anne-Sophie Monglon



Mercure de France
La Bleue
Parution : 31/08/2017
Pages : 192
ISBN : 978-2-7152-4529-7
Prix : 17 €

Présentation de l'éditeur


Ton sommeil c’est d’abord ça, la tentation d’être ailleurs, l’obsession par moments, à d’autres la dispersion, l’engagement comme un mot abstrait, le voyage dans le passé, le futur, le vague, le refuge dans la forêt.

Lorsque Bérénice Barbaret Duchamp, 33 ans, cadre dans une grande entreprise de communication, rentre de congé maternité, elle sent qu’on la regarde différemment. En son absence, des changements notables ont eu lieu. Progressivement elle est mise à l’écart.

Bérénice, qui n’a jamais cherché à être en première ligne ou dans la lumière, aurait tendance à accepter la situation, comme anesthésiée. Mais son mari et son amie Clara la secouent : elle doit se battre ! À la faveur d’un stage de développement personnel – « placer sa voix pour trouver sa voie » –, elle se lie d’amitié avec Guillaume, le formateur musicien. Chez le jeune homme, elle décèle un possible alter ego. Cette rencontre, conjuguée avec les sollicitations toujours plus urgentes de son nourrisson, lui donnera peut-être la volonté de se réveiller.

Avec ce premier roman, Anne-Sophie Monglon peint la trajectoire d’une femme moderne confrontée à la violence du monde du travail, qui tente de se réapproprier sa propre vie et de lui donner un sens.

Mon avis

C'est un premier roman pour Anne-Sophie Monglon.  Il nous parle de la cruauté du monde du travail.  

Bérénice Barbaret Duchamp a 33 ans, elle vient d'être maman d'un petit Pierre.

Le retour au travail sera difficile car peu à peu on va lui retirer des tâches, la mettre sur une voie de garage...

Bérénice n'a jamais eu  tendance à s'imposer, c'est même plutôt l'inverse, elle s'efface et est souvent "transparente" .

Son amie Clara des RH lui conseille de partager un peu plus, de sortir de sa bulle, de cette inertie et de s'affirmer, d'être plus présente sur les réseaux sociaux par exemple...

Sur cette impulsion, elle s'inscrit sur Facebook mais aussi à une formation  qui rien que par son nom est tout un programme "Placer sa voix pour trouver sa voie"

C'est Guillaume le formateur.  Un jeune musicien dont elle se rapprochera peu à peu, elle l'aidera à mettre en place la promo de son futur album.

Petit à petit elle va sortir de sa coquille, faire le bilan de sa vie, de son couple, de sa carrière et reprendre les rennes de sa vie.  Cette prise de conscience se fera petit à petit en parallèle du carnet d'éveil de son petit Pierre, une idée originale.  Ce récit est écrit à la seconde personne du singulier comme pour nous mettre au centre du récit.

L'auteur aborde le monde impitoyable du travail, la pression sociale, le burn-out, la place de la femme dans l'entreprise.  Petit à petit Bérénice fera le bilan de sa vie, de sa léthargie pour "naître" à nouveau et se reprendre en main.

Ma note :  un peu sévère mais j'ai eu du mal à entrer dans la lecture : 6/10

Les jolies phrases

Dans le boulot, aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, le soi est une marque - elle déclame pour bien marquer qu'elle n'y croit qu'à moitié, Personal Branding.

Le monde du travail est un petit théâtre, te répète Clara pour la troisième fois en une semaine.  Il te faut un rôle et une histoire à raconter avec. 

Tu vis un nouvel éveil, parallèle à celui de ton enfant.

Les gens qui ne savent pas ce qu'ils pensent, veulent, finissent par être dangereux.

Elle aurait dû rester dans le cadre, mais s'accorder des sas, hors du cadre on ne survit pas, hors du cadre on tombe dans le désert, te dit-il en hochant plusieurs fois la tête sur lui-même.

Et puis, la vie est ailleurs que dans ta vie, dans le passé souvent, dans ces espaces vagues, diffus où mentalement tu te replies.

Et en le quittant, tu emportes un peu de sa liberté; sa liberté, une proposition de vie propre, le moment où la parole décolle, où le chant monte; cette liberté, c'est à elle que, semaine après semaine, tu es allée te frotter, c'est elle dont tu as voulu t'imprégner pour la faire tienne.

Ce conte qui semble dire dans toutes ses versions qu' à qui a de la chance, le bien vient même en dormant.



mardi 10 octobre 2017

Ils ont rejoint ma PAL - Entrées de la semaine

Ils ont rejoint ma PAL

Quelques entrées cette semaine dont deux déjà dévorées.


Merci à Net Galley et aux éditions Stock pour cette belle lecture en numérique.  Un vrai moment de bonheur, je vous en parle bien vite.

Mon père, ma mère et Sheila      -   Eric Romand

Mon père, ma mère et Sheila


Stock
Collection Bleue
Parution : 23/08/2017
112 pages
EAN : 9782234083578
Prix: 14.50 €

Présentation de l'éditeur

C’est l’album d’une famille, issue d’un milieu populaire, avec ses codes, ses tabous, ses complexes, son ignorance, ses contentieux, dans les années 70 et 80. Le narrateur y raconte son enfance solitaire au milieu des turbulences. Pour son entourage, il a des goûts bizarres, des attitudes gênantes, des manières qui provoquent la colère de son père et la désolation de sa mère. Il dessine des robes et coiffe les poupées de sa sœur. Il fait son possible pour ne pas ajouter au malaise. Pour s’échapper, il colle son oreille à son mange-disque. Regarde les émissions de variétés scintillantes… Et admire une célèbre chanteuse dont il aime les robes à paillettes, les refrains joyeux. Il voudrait être elle. Il voudrait être ailleurs. Un premier roman tout en sensibilité sur fond de nostalgie douce amère et d’humour salutaire.

Autre livre en cours de lecture et j'adore.  Merci aux Editions Julliard à à Masse critique de Babelio

L'insoumise de la Porte de Flandre  -   Fouad Laroui

couverture

Julliard
Parution : : 17 Août 2017
Nombre de pages : 144
Prix : 17,00 €
ISBN : 2-260-03041-6

Présentation de l'éditeur


Chaque après-midi, Fatima quitte Molenbeek vêtue de noir et d'un hijab, se dirige à pied vers la Porte de Flandre, franchit le canal, se faufile discrètement dans un immeuble et en ressort habillée à l'occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis, toujours en flânant, elle rejoint le quartier malfamé de l'Alhambra ou Dieu sait quel démon l'attire... Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel se répète inlassablement. Jusqu'au jour ou Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux, décide de suivre Fatima...
Teinté d'un humour féroce, ce nouveau roman de Fouad Laroui décrit les métamorphoses d'une femme bien décidée à se jouer des préceptes comme des étiquettes. Tandis que tous les stigmates et les fantasmes glissent sur son corps, Fatima, elle, n'aspire qu'à une seule chose : la liberté.


En numérique via Net Galley et Grasset

Une fille dans la jungle   -   Delphine Coulin

Une fille dans la jungle

Grasset
Parution : 23/08/2017
Pages : 240
Prix : 18.00 €
Prix du livre numérique: 12.99 €
EAN : 9782246814344

Présentation de l'éditeur

« Cela ressemblait moins que jamais à une jungle, ou alors une jungle froide, de bois et de boue, avec des animaux crottés, et des monstres de métal au loin, sous le crachin. Pas le genre qui fait rêver, avec les perroquets et les feuilles vertes et grasses, où on transpire dans une odeur d’humus. Une jungle du pauvre. Ici, il n’y avait pas un arbre, pas une feuille, pas de chaleur. Et aujourd’hui, c’était silencieux. Cette jungle qui avait été un chaos où des milliers de personnes vivaient, mangeaient, parlaient, se battaient, était devenue un désert, où ils étaient seuls, tous les six.
Six enfants et adolescents dans une ambiance de fin du monde. »

Pour les matchs de la rentrée de Price Minister -Rakuten j'ai reçu :

Légende d'un dormeur éveillé  -   Gaëlle Nohant

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Héloïse d'Ormesson
544 PAGES
Prix : 23€
PARU LE 17 AOÛT 2017
ISBN : 978-2-35087-419-7

Présentation de l'éditeur



Robert Desnos a vécu mille vies – écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure –, sans jamais se départir de sa soif de liberté. Pour raconter l’histoire extraordinaire de ce dormeur éveillé, Gaëlle Nohant épouse ses pas ; comme si elle avait écouté les battements de son cœur, s’était assise aux terrasses des cafés en compagnie d’Éluard ou de García Lorca, avait tressailli aux anathèmes d’André Breton, fumé l’opium avec Yvonne George, et dansé sur des rythmes endiablés au Bal Blomet aux côtés de Kiki et de Jean-Louis Barrault. S’identifiant à Youki, son grand amour, la romancière accompagne Desnos jusqu’au bout de la nuit.

Légende d’un dormeur éveillé révèle le héros irrésistible derrière le poète et ressuscite une époque incandescente et tumultueuse, des années folles à l’Occupation.

Et pour terminer, je remercie Didier Giroud-Piffoz pour l'envoi de son livre

Ce ne sont pas les Mouettes  -  Didier Giroud-Piffoz

Didier Giroud-Piffoz - Ce ne sont pas les mouettes.

Ella Editions
Parution : septembre 2016
Pages 145
Prix : 16 €
Isbn  9782368031629

Présentation de l'éditeur



"Ce ne sont pas les mouettes" est un roman d'une profondeur infinie écrit par Didier Giroud-Piffoz, l'amour absolu, l'amour douleur. Didier Giroud-Piffoz s'est connaître chez Ella par la biographie "Sœur Yvonne, Vendéenne d'Amhedabad" et c'est une joie de retrouver Didier dans un registre où son écriture à fleur de peau éclaire ces amours tragiques.

samedi 7 octobre 2017

Frappe-toi le coeur - Amélie Nothomb

Frappe-toi le coeur   -   Amélie Nothomb

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Albin Michel
23 Août 2017
180 pages
EAN13 : 9782226399168
Prix : 16.90 €

Présentation de l'éditeur

« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. »


Alfred de Musset

Amélie nous en parle



Mon avis

La rentrée littéraire c'est pour moi chaque année le temps de ma petite friandise littéraire, je veux dire par là, le moment de découvrir le nouvel opus d'Amélie Nothomb.

Cette année, point de prénom alambiqué.  Nous allons suivre l'histoire de Marie , une belle jeune fille qui en 1971 a 19 ans.   Elle est sublime et aime susciter la jalousie de son entourage.  Elle épousera Olivier le fils du pharmacien et très vite deviendra mère...

Le 15 janvier 1972 viendra au monde Diane, un magnifique bébé , resplendissant d'une beauté incroyable, encore plus jolie que Marie qui suscitera chez elle une jalousie maladive la poussant au rejet.

Je n'ai pas envie de vous en dire beaucoup plus si ce n'est que nous verrons Diane grandir.  Nous la retrouverons à différentes étapes de sa vie.  Elle se forgera une carapace et avancera, grandira engrangeant des tas de déceptions.  Diane, douée de beaucoup d'empathie comprendra sa mère, l'excusera, sera déçue mais toujours avancera en se fixant un objectif de devenir médecin pour sonder les failles et sauver les humains.

Une fois encore Amélie explore la nature humaine, la cruauté, la jalousie, la noirceur enfouie chez certains.  Et comme chaque fois dans les dernières pages du roman elle surprend.  J'étais "scotchée" au récit, j'ai vraiment adoré, un super bon roman.

Entre amour et haine la frontière est parfois mince.

Qu'est ce que l'amour ?

"C'était donc cela, le sens, la raison d'être de toute vie : si l'on était là, si l'on tolérait tant d'épreuves, si on faisait l'effort de continuer à respirer, si l'on acceptait tant de fadeur, c'était pour connaître l'amour. "


Les jolies phrases

Il y avait quelque chose de vertigineux à pouvoir dormir à volonté.  Elle s'alitait et sentait le gouffre du sommeil s'ouvrir sous elle, elle se livrait à cette chute et n'avait pas le temps d'y penser, elle disparaissait aussitôt.

C'était donc cela, le sens, la raison d'être de toute vie : si l'on était là, si on tolérait tant d'épreuves, si l'on faisait l'effort de continuer à respirer, si l'on acceptait tant de fadeur, c'était pour connaître l'amour.

Elle serait médecin.  En regardant et en écoutant les gens avec attention, elle sonderait leur corps et leur âme.  Sans plus de bavardages que le docteur de la veille, elle mettrait le doigt sur la faille et sauverait des êtres humains.

Que lui importait son enfance gâchée ?  Ce qu'elle voulait désormais, c'était devenir adulte pour accéder au statut sublime de docteur.  La vie conduisait à quelque chose d'important, il ne s'agissait plus d'endurer des tourments absurdes, puisque même la souffrance pouvait servir à explorer celle des malades.  Ce qu'il fallait, c'était grandir.

Il apparaissait maintenant à Diane que le mépris était pire que la haine.  Celle-ci est si proche de l'amour, quand le mépris lui est étranger.


mercredi 4 octobre 2017

Le jour est aussi une colère blanche - Eric Brucher


Le jour est aussi une colère blanche   -   Eric Brucher




Luce Wilquin
Collection : Euphémine
Pages :  144
Parution : 15/09/2017
ISBN-13: 978-2882535399
Prix : 15 €

Présentation de l'éditeur


Il y a des tagueurs, des apprentis djihadistes, des skateurs, des slameurs (une slameuse), des clameurs (une clameuse), des potagistes, des prophètes (un prophète), des calligraphes, des taulards (un), des laveurs de vitres (un aussi). Tous à leur manière des révoltés, porteurs d'énergie pour vivre et sortir des enfermements. Un chant choral habité d'espoir parfois fugace ou vain, parfois grandiose et magnifique. Ou comme une sédition tonique et poétique: chercher l'invention d'une langue neuve, parole pour exister et dire ce que portent les coeurs. Des nouvelles urbaines, emplies de vitalité, de fureur et de lumière.

Mon avis

C'est avec ce recueil de nouvelles que je découvre la plume d'Eric Brucher.  Romancier et chroniqueur littéraire et organisateur entre autres de rencontres d'auteurs.

Ce recueil est en partie le prolongement de son dernier roman "La blancheur des étoiles" car on y retrouve certains personnages que l'auteur avait envie de retrouver.

Ce sont des nouvelles urbaines qui nous sont proposées.  Douze nouvelles dont la thématique est la colère, la révolte, le besoin de liberté.  Une colère qui revendique, qui fait réfléchir, qui fait grandir.
L'actualité est également présente avec l'Islam, les djihadistes, les attentats.

Le titre mystérieux "Le jour est aussi une colère blanche" provient d'un graffiti vu sur les murs de Bruxelles.  De taggeurs il en est question dans la première nouvelle "Les loups et les agneaux", la colère, la rage, la liberté, vie ou mort sera la thématique de "Les rondes de Lazlo".

Beaucoup de sensibilité aussi dans "Djihad pour tous" qui dénonce l'absurdité des croyances, nous parle d'un amour impossible.

Très joli texte mis en musique pour "Slam d'islam" .

"La main de Fatima" où l'on parle spiritualité, du voile qui protège du mauvais oeil, de résistance  et du poids de la société qui prive de liberté, juste magnifique.

Poésie, liberté et évasion pour le "petit laveur de vitres".

"Le mont des Arts" et l'utopie de changer le monde.

Violence dans "le blues du loser".

"Flower power again" et le rêve d'une société meilleure, participative, créatrice de liens sociaux, lutte pour le maintien de ces idéaux.

J'ai un peu décroché pour la suite mais la nouvelle n'est pas mon style préféré.

Une plume riche, toute en poésie.

Ma note : 7/10 ***

Les jolies phrases

On a toujours besoin d'un ennemi pour se valoriser et exister, non ?

A propos de noms justement, Allah c'est même pas le nom de Dieu puisque personne ne Le connaît. Allah, c'est seulement la 99ème appelation, si j'ai bien appris, on pourrait en inventer des millions encore que toujours on serait à côté de la plaque.  On s'en fout des noms après tout !  Et puis comment être fidèle à quelque chose ou quelqu'un qu'on connaît pas ?

Maître, j'ai compris que le voile que l'islam commande de porter n'est plus celui que me demandait de porter mon père.  C'est le voile que l'on baisse en dedans de soi, sur les désirs de son coeur et l'agitation de ses pensées.  Devrai-je le porter vraiment sur ma tête comme veulent toujours me l'imposer mon père et mon  mari ?  Car c'est le vent que je préfère sentir dans mes cheveux, et ma tête nue plongée dans la liberté infinie des cieux.


...tu sais également que l'arbre qui dépasse la forêt ramasse seul la tempête.

Va, je dirai à ton père et à ton ami que la prière intérieure est plus vraie que le voile et que la sagesse est de respecter l'esprit et sa liberté.

Comme cela, Carlo fut engagé laveur de vitres.  Car c'est à cela que servent les poètes, laver les vitres des gens et les binocles des robots.  Quand c'est propre, il y a parfois des chances qu'au-dedans s'éveille un peu de vent.

Vous savez, pour mobiliser, il faut des armes : les mots, les formules, les slogans sont de tels outils, rétorque Zoé.  Je préfère d'ailleurs parler outils que armes.


dimanche 1 octobre 2017

Bilan de lecture de septembre

Bilan de lecture de septembre

Le mois de la rentrée... rentrée littéraire principalement dans mes lectures de septembre.

C'est le troisième roman que je lis de lui et à chaque fois j'en sors bouleversée.  Une plume magnifique pour ce livre coup de poing, ce cri de rage lié à la catastrophe de Lens-Lièvin en 1974.





Rentrée belge chez Luce Wilquin, une jolie plume que celle de Françoise Houdart qui nous parle de la lune rouge.



Un receuil de nouvelles d'un autre compatriote/




Un témoignage, une fois n'est pas coutume mais la mésaventure de Léna m'a révoltée.




Rentrée avec de la littérature coréenne, tout en grâce, toute en finesse, la merveilleuse Han Kang.




La lecture commune avec Julie date de la rentrée de l'an dernier, beaucoup d'émotions au rendez-vous.




Que d'émotions avec ce destin hors du commun.  Quel force de caractère , c'est la vie de Bakhita.




Il sortira le 14 octobre et je vous en parle à ce moment, contente de retrouver la plume de Sylvie Godefroid.




Et je termine le mois avec un premier roman :




Septembre c'était aussi l'occasion de se retrouver avec une belle rencontre des Lecteurs Belges compulsifs chez Brigitte, un grand moment de convivialité, de bonne humeur et de littérature.  C'était aussi le retour des "Roulades littéraires corsées".

Un joli mois qui se termine avec l'été.

jeudi 28 septembre 2017

Leçons de grec - Han Kang

Leçons de grec

Han Kang

Leçons de grec


Le serpent à Plumes
Traduit du coréen par Eun-Jin JEONG , Jacques BATILLIOT
ISBN : 9791097390006
Parution : 17/08/2017
Prix : 18 €


Présentation de l'éditeur

Leçons de grec est le roman de la grâce retrouvée. Au cœur du livre, une femme et un homme. Elle a perdu sa voix, lui perd peu à peu la vue. Les blessures de ces personnages s’enracinent dans leur jeunesse et les ont coupés du monde. À la faveur d'un incident, ils se rapprochent et, lentement, retrouvent le goût d'aller vers l'autre, le goût de communiquer. Plus loin que la résilience, une ode magnifique à la reconstruction des êtres par la plus célèbre des romancières coréennes, Han Kang. Han Kang est née en 1970 à Gwangju, en Corée du Sud. Elle enseigne actuellement dans le département de Creative writing du Seoul Institute of Arts. Traduite dans le monde entier, plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma. En 2016, Han Kang a reçu le Man Booker International Prize pour La Végétarienne.

L'auteur

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Han Kang est née en Corée du Sud en 1970.

Elle est la fille de l'écrivain Han Seung-won. Elle s'installe dès l'âge de dix ans au quartier Suyuri de Séoul (elle évoque cet épisode dans "Leçons grecques", 2011).

Elle a étudié la littérature coréenne à l'université Yonsei. Elle commence sa carrière littéraire quand l'un de ses poèmes est publié dans le numéro d'hiver de la revue Littérature et Société. Mais sa carrière dans la fiction débute avec sa nouvelle "L'Ancre rouge" qui remporta le concours printanier du quotidien Seoul Shinmun. Son premier recueil de nouvelles "Un amour de Yeosu", a été publié en 1995.

Depuis lors, elle a remporté le prix Yi Sang en 2005, le Prix de l'artiste d'aujourd'hui, le Prix de littérature coréenne avec sa nouvelle "Bébé Bouddha" en 1999 et le prix littéraire Dong-ni en 2010 pour "Pars, le vent se lève".

Depuis l'été 2013, Han Kang enseigne l'écriture créative à l'Institut des Arts de Séoul tout en poursuivant sa carrière d'auteur.

Han Kang est par ailleurs musicienne et son œuvre reflète souvent cette passion.

En 2016, elle remporte le prix international Man Booker pour "La végétarienne"


Source : wikipedia

Mon avis

J'avais beaucoup apprécié "La végétarienne" , attirée par la littérature asiatique, l'envie de retrouver la plume d'Han Kang était grande. Je me suis à nouveau régalée.

Lui est un professeur de grec ancien.  Adolescent il avait quitté la Corée pour l'Allemagne.  Atteint d'une maladie dégénérative, il perd progressivement la vue.  Il décide alors de revenir seul dans son pays la Corée du Sud.  Il y enseigne le grec ancien en cours du soir à une poignée d'étudiants.  Il camoufle son handicap de plus en plus grand en portant d'épaisses lunettes..

Une de ses étudiantes l'intrigue.  Elle est vêtue de noir et semble avoir perdu l'usage de la parole.  En effet, ce n'est pas la première fois, elle était déjà entrée dans un mutisme étant adolescente.

"La chose avait fini par se produire un hiver, alors qu'elle venait d'avoir dix-sept ans. Les paroles qui l'enfermaient et la piquaient comme un habit tissé de milliers d'aiguilles avaient soudain disparu. Elle les entendait de ses deux oreilles, mais un silence semblable à une couche de brume épaisse et dense faisait bouchon quelque part entre celles-ci et le cerveau. Le souvenir de la langue et des lèvres qui servaient à les prononcer tout comme celui de la main tenant un crayon étaient devenus impalpables, enveloppé qu'il était dans ce silence cotonneux. Elle ne pensait plus en mots.  Elle agissait sans mots, comprenait sans mots.  le vide, pareil à celui qui précède l'apprentissage de la langue ou même la conception de la vie, absorbant le temps comme un nuage, encerclait son corps et l'envahissait.'

A nouveau, elle avait perdu les mots, l'usage de la parole, impossible pour elle de communiquer avec la voix.  Elle se plonge alors dans le grec ancien car il est important pour elle de trouver les mots justes, l'essence de ceux-ci.

Ils sont tous deux "enfermés", "isolés" au plus profond d'eux-mêmes. Une perte en point commun, celle de la vue, celle de la parole.  Des blessures enfuies au plus profond, depuis le presque début de leur histoire.

Un événement fortuit se produira et leur permettra peu à peu de se reconstruire, de renaître tel le phénix de ses cendres.  Un nouveau langage, une nouvelle communication naîtra.

Dans le récit, chacun s'exprime tour à tour.  Il est parfois difficile de savoir qui s'adresse à nous.

L'histoire de Platon, du grec ancien, ces leçons de grec  amènent les personnages à se construire peu à peu.  A travers l'usage de cette langue morte, elle sortira peu à peu de son isolement.

C'est de la littérature asiatique, cela signifie que c'est lent, très lent, et on va droit au coeur des émotions.   Mais quelle écriture magnifique !  Epurée, poétique, splendide.

La construction du dernier quart du roman est très particulière, un peu déroutante.  Les choses deviennent plus floues, plus confuses pour le lecteur à l'image sans doute du ressenti des personnages dans leur enfermement mais quelle beauté, quelle magnificience.

Le langage et l'expression sont au coeur de ce récit.  On découvre les failles, les blessures, la tristesse et les solitudes des narrateurs avec une association de mots juste parfaite.  Un récit à la langue aérienne, tout en sensibilité.

J'adore.

Ma note : pas loin du coup de coeur 9/10

Les jolies phrases

Autrement dit, le grec qu'utilise Platon est comme un fruit mûr juste avant qu'il ne tombe.  Par la suite, le grec connaît une décadence rapide.  Les états helléniques entrent simultanément en déclin.  En ce sens, Platon précède le crépuscule de son monde et pas seulement de sa langue.

A présent les mots ont quitté son corps, ainsi que les âmes errantes, ils la suivent à une distance où ils restent à peine audibles.

L'univers est une illusion, vivre c'est rêver.

L'obscurité viendra si j'éteins la lampe.  La nuit de mes yeux, plus noire que l'encre, où les tenir ouverts ou fermés ne change presque rien.

On dit que, pour les Grecs de l'antiquité, la vertu n'était pas la bonté ni la noblesse, mais la capacité de mener à bien une tâche.  Réfléchis.  Quel est l'homme le plus apte à penser à sa vie ?  Celui qui peut affronter la mort n'importe quand n'importe où ...  Celui qui en conséquence ne peut pas ne pas réfléchir sur la vie constamment et désespérément ... Ne serait-ce pas quelqu'un comme moi qui possède la meilleure arété en matière de pensée ?

Elle se penche en avant.
Serre le crayon qu'elle tient dans la main.
Baisse la tête.
Les mots s'enfuient de sa main.
Les mots qui ont perdu ses lèvres,
les mots qui ont perdu les racines de ses dents et sa langue,
les mots qui ont perdu sa gorge et son souffle ne se laissent pas saisir.
Comme un fantôme sans corps, la forme ne se laisse pas toucher.

Dans ce foutu pays, il faut sourire quand on croise le regard de quelqu'un même si on ne le connaît pas.  Je ne veux plus sourire.  Je veux vivre comme mon coeur me dicte.  Je ne sourirai plus, même chez nous.  Cela ne veut pas dire que je suis en colère, ne vous méprenez pas.

Quand je rencontrais un regard, je souriais par réflexe.  J'ai réalisé en sortant dans le hall, en me frayant un chemin parmi les gens qui attendaient les passagers ... qu'enfin je passais inaperçu.

Si la neige est un silence qui descend du ciel, la pluie est peut-être faite des phrases interminables qui en tombent.  Des mots tombent sur les trottoirs, sur les terrasses des immeubles en béton, sur des flaques d'eau noirs.  Ils giclent.  Les mots de la langue maternelle enveloppés dans des gouttes de pluie noires.  Les traits tantôt ronds, tantôt droits, les points qui sont restés un bref moment.  Les virgules et les point d'interrogation qui se courbent.


Du même auteur j'ai lu :

Mon billet en cliquant sur la couverture

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mercredi 27 septembre 2017

Eclipse - Françoise Houdart

Éclipse  -  Françoise Houdart

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Luce Wilquin
Collection Sméraldine
176 pages
978-2882535368Parution : 15 septembre 2017
Prix  17 €

Présentation de l'éditeur

L'éclipse est à présent totale. Il est un peu plus de quatre heures du matin, et le spectacle est grandiose. Lune rouge, lune de sang. C'est un peu troublé que Sacha regagne son appartement au troisième étage de son immeuble. Le jour se lève déjà. Le silence qui l'accueille dans le hall d'entrée a une étrange résonance. L'intuition du vide lui saccage le souffle. Il pénètre sans bruit dans la chambre où il avait laissé Mado, sa femme, avant de descendre sur l'esplanade pour jouir du spectacle de l'éclipse. Mado n'est pas dans le lit. Il traverse l'appartement, appelle: Allez, montre-toi, Mado... Mais elle ne répond pas. Rien ne manque à l'ordonnance du quotidien. Rien, sauf Mado. Tétrade... Lune pourpre... Éclipse... Dans ce dix-huitième roman, Françoise Houdart sonde les mystérieux rapports qui mêlent aux fantasmes les plus déconcertants les cycles lunaires et la fécondité.

Mon avis

C'est la nuit de la lune rouge, de la lune de sang.  Sacha sort de son appartement pour contempler le spectacle sur l'esplanade.  Il y rencontre son voisin Adi, le mari de Fadia qui lui apprend qu'elle est enceinte et par superstition restée à la maison pour ne pas voir la lune !

Ils admirent le spectacle et Sacha rentre chez lui sans bruit après l'éclipse.  Il se rend compte au petit matin que Mado sa femme a disparu, éclipsée.  C'est étrange, il ne manque rien, son sac, son téléphone, tout est là sauf Mado.

En face de chez lui vit un drôle de gars passionné , obsédé par Séléné la déesse lunaire; c'est Augustin Colinette qui se fait appeler Stanislas Razoumov du nom d'un cratère lunaire.  Il le rencontre le lendemain de l'éclipse.  Ce gars est toujours sur son balcon à observer la lune dans son télescope..

Pas de nouvelles de Mado, les jours passent et avec l'aide de Fadia et Adi, Sacha essaie de comprendre cette disparition, cette éclipse.. il en devient fou...

Fadia a de l'intuition, elle va comprendre peu à peu le vide, les manques de Mado et est persuadée que tout s'expliquera.

Un récit sur la lune liée oh combien à la fécondité, à la féminité.  Les cycles lunaires semblables aux cycles féminins.  La lune rouge, le sang mensuel.. la fécondité, le vide, le manque pouvant conduire au désespoir.  Un jour c'est l'éclipse totale et le corps se tarit.  Cette lune qui influence nos humeurs, nos états d'âme..

Un récit sur la disparition, sur le manque de dialogue , la vérité est souvent devant nos yeux, trop visible pour qu'on la voie.

Une écriture que je découvre, c'est pourtant le dix-huitième roman de Françoise Houdart.  Une jolie plume d'une construction originale.  Un agréable moment de lecture.

Ma note : 7.5/10   ***

Les jolies phrases

Le plus souvent, c'est le bruit de la vie au quotidien qui nous avertit que les autres sont là, et ça suffit pour nous rassurer.

J'ai la nostalgie de ce que j'ai perdu ou de ce que je n'ai jamais connu.

Quels mots pour dire la vérité de la perte de soi dans le grand siphon d'une désolation inexplicable ?  Injustifiée, sans doute.  Injustifiable.  Le tarissement du sang est-il responsable des avaries que le temps vécu laisse apparaître sur la peau, dans la chair, l'humeur, l'âme même ?  Avariée, elle, comme un bateau rongé par l'eau qui le porte ?

Disparaître, est-ce pire que mourir ?

Il faut me dire ce qui tient une femme debout quand tout est vide au-dedans de son ventre.


lundi 25 septembre 2017

Ils ont rejoint ma PAL

Ils ont rejoint ma PAL

Cette semaine trois livres ont rejoint mes bibliothèques.

Bakhita    -   Véronique Olmi

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Albin Michel
Parution : 23/08/2017
464 pages
EAN13 : 9782226393227
Prix : 22.90 €

Présentation de l'éditeur

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.


Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.
Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.



Je vous en parle très vite car c'est ma lecture en cours et ce sera une prochaine LC avec ma binôme Julie

Hâte de découvrir le dernier opus d' Élisa Vix

Assassins d'avant     Élisa Vix


Rouergue Noir
Parution 06 septembre 2017
176 pages
18,00 €
ISBN
978-2-8126-1438-5

Présentation de l'éditeur 


Manuel Ferreira est flic. Lorsqu’une jeune femme lui demande une interview au sujet des effectifs de la police, il est surtout sensible à son charme. Mais quand elle dégaine une photographie prise vingt-cinq ans plus tôt, ce sont ses pires souvenirs qui remontent à la surface. Adèle Lemeur n’est pas journaliste, mais chercheuse en médecine. Surtout, elle est la fille de Marie Moineau, l’institutrice tuée dans sa salle de classe de CM2, devant ses élèves, devant Manuel qui n’a jamais oublié cette scène terrible, qui est peut-être devenu flic pour l’exorciser. Adèle veut comprendre pourquoi sa mère est morte. Et Manuel est le seul à pouvoir l’aider, à retrouver ces copains d’avant qui furent témoins du crime. Il dit oui. Pour la revoir. Pour son malheur. Parce qu’il vient de tomber amoureux de la seule femme qu’il n’a pas le droit d’aimer.
Dans un roman incisif comme elle en a le secret, Élisa Vix conduit son héroïne sur le chemin d’une vérité qui va la prendre au piège. Vingt-cinq ans ne suffisent pas à refermer des plaies ni à colmater des mensonges. Et si Adèle avait vraiment été enfermée dans une tour de silence pour son bien ? Et si ça n’existait pas, des familles sans histoire ? À son corps défendant, Adèle va aller bien plus loin qu’elle ne l’aurait imaginé.

J'avais beaucoup aimé "Dans le silence enterré" de Tove Alsterdal, c'est toujours chez Rouergue et cela paraît le 04 octobre

Tango fantôme       -       Tove Alsterdal



Rouergue Noir
Traducteur : Emmanuel Curtil
Parution : 4 octobre 2017
480 pages
23,50 €
ISBN 978-2-8126-1447-7

Présentation de l'éditeur

Durant la nuit de Walpurgis, cette nuit de la fin avril où l’on fait brûler des feux pour dire adieu à l’hiver, une femme est tombée d’un balcon, du onzième étage. C’était Charlie, la sœur d’Helene Bergman, mais depuis des années elles ne se parlaient presque plus. Helene n’avait jamais partagé l’obsession de son aînée : découvrir ce qu’il était arrivé à leur mère, disparue en novembre 1977, quelque part en Amérique du Sud. De cette Ing-Marie si belle, il ne reste plus que quelques photographies et le souvenir de ceux qui l’ont aimée. Mais tandis que la police s’apprête à classer la mort de Charlie comme un banal suicide, Helene se dit qu’elle aurait dû révéler certaines choses. Au bout de ces omissions, elle va devoir conduire elle-même une étrange enquête. Pas sur une mort, mais sur deux. Pas seulement sur sa sœur, mais aussi sur sa mère. Pas seulement en Suède, mais aussi en Argentine.

Dans ce roman couronné par le prix du meilleur roman policier suédois 2014, Tove Alsterdal dresse le portrait de femmes aveuglées par leurs désirs comme par leurs peurs. Non, la vie d’une personne ne se trouve pas dans ce qu’elle laisse derrière elle, mais dans ce qu’elle choisit de cacher.

Voilà qui termine les entrées de la semaine. A bientôt.